Le procès de Sean “P. Diddy” Combs a pris un tournant dramatique lundi avec le témoignage de Kerry Morgan, ancienne meilleure amie de la chanteuse Cassie. Elle a décrit devant le tribunal de Manhattan une Cassie “brisée”, sous l’emprise psychologique et physique du magnat du hip-hop. Ses propos renforcent les accusations de trafic sexuel et de violences déjà portées contre le producteur par son ex-compagne.
Kerry Morgan a expliqué avoir assisté à des scènes de violence, notamment à Los Angeles, où elle avait imploré en vain un garde du corps d’intervenir. Selon elle, Cassie vivait isolée, entourée uniquement par des membres du cercle professionnel de P. Diddy, et constamment rassurée que tout allait bien. Elle est également revenue sur l’agression de 2016 à l’hôtel InterContinental, captée par des caméras de surveillance et diffusée récemment au tribunal. Une scène où l’on voit Diddy traîner et frapper Cassie au sol.
Ce procès très médiatisé fait suite à une série d’accusations rendues publiques par Cassie, qui a témoigné pendant une semaine entière. Elle y décrit les “freak-offs”, ces rencontres sexuelles forcées, filmées par Diddy, où elle était droguée et livrée à d’autres hommes. La défense, elle, tente de montrer qu’il s’agissait d’actes consentis. Mais les témoignages de l’entourage de la chanteuse viennent désormais fragiliser cette ligne de défense.
Outre Kerry Morgan, la chanteuse Dawn Richard, ancienne membre du groupe Danity Kane produit par Diddy, a également pris la parole lundi. Elle a affirmé avoir vu le rappeur tenter de frapper Cassie avec une poêle alors qu’elle était recroquevillée au sol, et évoqué d’autres accès de violence, notamment un coup de poing dans un restaurant. Ces scènes de brutalité, selon elle, faisaient partie d’un climat permanent de peur et de contrôle.
Les perspectives judiciaires pour P. Diddy sont désormais lourdes. Les jurés devront déterminer si sa richesse, sa notoriété et son influence dans l’industrie musicale ont servi à établir un véritable système d’exploitation sexuelle. Si reconnu coupable, il pourrait faire face à des peines importantes. Les témoignages s’enchaînent, et le climat au tribunal est de plus en plus pesant.
La défense a tenté de discréditer Dawn Richard en soulignant des incohérences entre ses déclarations initiales et son témoignage au procès. Celle-ci a reconnu que son récit avait évolué, expliquant avoir mis du temps à accepter ces souvenirs traumatiques. “Chaque jour, il devient plus facile de me souvenir”, a-t-elle déclaré, visiblement émue.
Au fil des audiences, un portrait inquiétant de Sean Combs se dessine. Un homme aux multiples récompenses, figure de l’empire musical américain, dont l’image publique semble s’effondrer au rythme des révélations. Le procès est encore loin d’avoir livré tous ses secrets, mais une chose est certaine : la parole se libère autour de Cassie.