Le président ivoirien Alassane Ouattara a officiellement déposé, ce 26 août 2025, son dossier de candidature auprès de la Commission électorale indépendante (CEI) en vue de l’élection présidentielle du 25 octobre. Ce geste confirme sa volonté de briguer un quatrième mandat, malgré les critiques de l’opposition qui jugent cette candidature contraire à la Constitution.
Arrivé à Cocody en fin de matinée, le chef de l’État a été accueilli par des milliers de militants et de cadres du RHDP, venus afficher leur soutien. Après un bref échange avec le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, il a déposé son dossier avant de s’adresser à la presse. Ouattara a justifié sa décision par “l’appel du parti et de nombreux Ivoiriens”, affirmant vouloir poursuivre “le chemin de paix, de stabilité et de développement” engagé depuis plus d’une décennie.
La candidature d’Alassane Ouattara intervient dans un climat politique tendu. L’opposition dénonce une “violation de l’ordre constitutionnel”, rappelant que la loi fondamentale ne permet pas plus de deux mandats consécutifs. Le camp présidentiel, lui, s’appuie sur la révision constitutionnelle de 2016 pour défendre la légalité de cette démarche. La présence d’autres poids lourds sur la ligne de départ, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, accentue les tensions autour de cette élection qui s’annonce disputée.
Au-delà du geste administratif, cette candidature ouvre une période de forte incertitude pour la Côte d’Ivoire. Le scrutin d’octobre pourrait raviver de vieux antagonismes, dans un pays encore marqué par la crise post-électorale de 2010-2011. La CEI a enregistré environ 40 candidatures, mais la validation finale pourrait réduire la compétition à une poignée de figures politiques majeures. La capacité de l’institution électorale à organiser un scrutin crédible sera déterminante pour éviter de nouvelles turbulences.
Dans son discours, Ouattara a insisté sur l’importance de la paix et de la courtoisie dans le débat public. Mais son appel à “respecter les institutions de la République” apparaît paradoxal aux yeux de ses adversaires, qui l’accusent justement d’instrumentaliser la Constitution. Le chef de l’État mise sur la stabilité économique et sécuritaire de la Côte d’Ivoire comme argument central, alors que l’opposition tente de fédérer un électorat lassé par quinze années de pouvoir.
La Côte d’Ivoire s’apprête ainsi à vivre une nouvelle séquence électorale décisive. Si le président sortant compte sur son bilan pour convaincre, ses adversaires voient dans sa candidature une menace pour l’alternance démocratique. Le face-à-face annoncé entre figures historiques et nouvelles ambitions, dans un climat de défiance institutionnelle, fait de l’élection d’octobre l’un des rendez-vous les plus sensibles de l’histoire politique récente du pays.