Le Togo conserve son rang de premier pays d’Afrique de l’Ouest où il est le plus facile de faire des affaires, selon le rapport B-Ready 2025 de la Banque mondiale. Cette performance, qui en fait également le quatrième pays le mieux classé du continent, envoie un signal positif aux investisseurs et consolide l’image réformatrice du pays.
Le pays a obtenu un score global de 61,5 points sur 100 dans cette évaluation qui remplace l’ancien indicateur Doing Business. Il devance ainsi directement ses voisins béninois (60,2 points) et ghanéen (56,8 points), ainsi que le Sénégal et la Côte d’Ivoire, dans une région dont la moyenne s’établit à 52,8 points. Ce résultat confirme une dynamique observée dès la première édition du B-Ready en 2024, où le Togo occupait déjà la première place régionale.
Ce classement s’inscrit dans un contexte de forte concurrence entre les économies africaines pour améliorer leur climat des affaires et attirer les investissements privés. Il couronne une trajectoire réformatrice engagée de longue date. Avant même la suspension du Doing Business en 2021 pour irrégularités méthodologiques, le Togo figurait déjà parmi les économies les plus réformatrices du continent entre 2018 et 2020. Le nouvel outil B-Ready, basé sur des enquêtes auprès de milliers d’entreprises et d’experts, se veut plus proche de la réalité du terrain en analysant dix dimensions clés du cycle de vie d’une entreprise.
Les perspectives pour le Togo sont à la fois encourageantes et exigeantes. Si ce classement renforce son attractivité, il met aussi en lumière les chantiers inachevés. La compétition régionale reste féroce, avec des pays comme le Bénin à ses trousses. L’enjeu désormais est de transformer cette bonne note en investissements concrets et en une croissance inclusive, tout en comblant les retards identifiés.
Une analyse détaillée des scores révèle une performance solide mais inégale. Le Togo excelle particulièrement dans la facilité d’entrée sur le marché, avec un score de 85,8 points, fruit des réformes pour simplifier la création d’entreprise. Ses résultats sont également satisfaisants dans les domaines de l’emploi, des services financiers et de la gestion de l’insolvabilité. Ces points forts illustrent la volonté politique de réduire les barrières administratives pour les entrepreneurs.
Cependant, le rapport de la Banque mondiale pointe des faiblesses structurelles qui pourraient, à terme, freiner le développement du secteur privé. Les scores restent modestes dans les domaines du commerce international et de la concurrence. Ces deux leviers sont pourtant cruciaux pour une économie qui vise une plus grande intégration régionale et souhaite attirer des investissements plus diversifiés et de plus grande envergure.
Au final, ce classement consacre les efforts du Togo mais sert aussi de rappel à l’ordre. La facilité de faire des affaires ne se résume pas à créer une entreprise rapidement. Elle nécessite un écosystème globalement compétitif, avec des règles de concurrence équitables et une intégration fluide dans les chaînes de valeur régionales et globales. C’est sur ce terrain que le leadership togolais sera véritablement mis à l’épreuve dans les prochaines années.



