Le Fonds de l’OPEP pour le développement international et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont officiellement renforcé leur partenariat stratégique lors d’une mission à Abidjan. Cette visite, conduite par le président du Fonds OPEP, Abdulhamid Alkhalifa, a abouti à la signature d’un amendement au mémorandum d’entente entre les deux institutions, visant à intensifier leur collaboration en faveur du développement durable sur le continent africain.
L’objectif central de ce nouveau cadre est d’augmenter l’impact et la rapidité de mise en œuvre des projets. La collaboration se concentre désormais sur trois piliers : le cofinancement de projets d’envergure, le développement de partenariats public-privé et un renforcement systématique de l’échange de connaissances. La volonté affichée est de passer d’une logique de financements parallèles à une action conjointe plus intégrée, capable de générer des résultats tangibles à plus large échelle.
Cette évolution s’inscrit dans un partenariat historique de près d’un demi-siècle entre les deux organisations. Depuis les années 1970, elles ont cofinancé environ 120 projets à travers l’Afrique, pour un montant cumulé de 1,5 milliard de dollars. Leurs interventions ont couvert des secteurs critiques comme l’énergie, les transports, l’agriculture et l’eau. Ce long passé commun sert aujourd’hui de socle pour une alliance plus ambitieuse, répondant à l’urgence des besoins en infrastructures et en résilience climatique sur le continent.
La perspective immédiate est un déploiement accru de financements dans des projets de transition énergétique et de connectivité. La priorité sera donnée aux initiatives “pilotées par les pays”, alignées sur les stratégies nationales de développement. Par ailleurs, ce rapprochement institutionnel pourrait servir de modèle pour une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds opérant en Afrique, dans un paysage de l’aide souvent fragmenté.
Lors de sa visite, Abdulhamid Alkhalifa a pu constater les résultats concrets de ce partenariat en visitant la centrale électrique d’Atinkou. Cette infrastructure de 390 MW, cofinancée par la BAD et d’autres partenaires, illustre le type de projets structurants que l’alliance souhaite multiplier. Elle a permis de moderniser le parc de production ivoirien et de fournir une électricité plus fiable aux populations et aux industries, démontrant l’impact direct des investissements sur la croissance économique.
Au-delà de la relation bilatérale, cette mission s’est également inscrite dans le cadre d’une consultation élargie avec le Groupe arabe de coordination. Cet aspect souligne une volonté géopolitique plus large de renforcer la coopération Sud-Sud et d’aligner les agendas de développement. L’enjeu sous-jacent est de mobiliser des capitaux supplémentaires et de les orienter vers des investissements à long terme, essentiels pour la stabilité et la prospérité du continent, dans un contexte mondial de raréfaction des ressources financières disponibles.



