La Confédération africaine de football (CAF) a sanctionné Samuel Eto’o, le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). L’ancienne star mondiale écope d’une suspension de quatre matchs et d’une amende de 20 000 dollars pour « mauvaise conduite » et « violation des principes de fair-play ».
La sanction fait suite à son comportement lors du quart de finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Cameroun, le 9 janvier 2026 à Rabat. Depuis les tribunes officielles, Eto’o a vivement contesté des décisions arbitrales au cours de la rencontre, perdue 2-0 par les Lions Indomptables. Le jury disciplinaire de la CAF a rendu sa décision définitive le 14 janvier, interdisant à Eto’o l’accès aux stades pour les quatre prochains matchs officiels de la CAF dans le cadre de la compétition.
Cet incident s’inscrit dans un parcours présidentiel déjà émaillé de turbulences disciplinaires. En septembre 2024, Samuel Eto’o avait été suspendu six mois par la FIFA, l’écartant alors des matchs internationaux du Cameroun. Élu en décembre 2021 sur une promesse de renouveau, son mandat à la tête de la Fécafoot est marqué par des polémiques récurrentes, cette nouvelle affaire venant entacher l’image du football camerounais en pleine compétition continentale.
La CAF, par sa décision ferme et sans appel, envoie un signal fort sur l’application de son code disciplinaire, notamment envers les hauts responsables. Cette sanction pourrait affaiblir la position d’Eto’o, dont l’autorité est déjà contestée localement. Elle relance également le débat sur la pression exercée par les officiels sur l’arbitrage et la gouvernance du football africain, à un moment crucial de son événement phare.
La Fécafoot a immédiatement rejeté la sanction, la qualifiant de « dépourvue de toute motivation explicite » et résultant d’une procédure « expéditive ». Elle a annoncé son intention de faire appel, réaffirmant son soutien inconditionnel à son président. Cette réaction défensive illustre la polarisation autour de la figure d’Eto’o et la tendance à interpréter les sanctions disciplinaires à travers le prisme des rivalités footballistiques et politiques.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les défis persistants de l’instance continentale pour imposer son autorité et un cadre éthique incontestable. Alors que la CAN 2025 entre dans sa phase finale au Maroc, la CAF tente d’affirmer que le statut de légende du football ne confère pas d’immunité. L’efficacité de ce message dépendra de l’uniformité et de la transparence de son application à l’avenir.



