Un Réseau africain des sciences de l’éducation vient de voir le jour. Son acte fondateur a été signé ce lundi à Nouakchott, scellant une alliance académique inédite entre la Mauritanie, le Maroc et le Sénégal, avec l’ambition affichée de fédérer les compétences du continent en matière de recherche pédagogique.
L’accord concretise un partenariat tripartite entre l’École normale supérieure de Nouakchott, la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Mohammed V de Rabat et la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Son objectif opérationnel est triple : mutualiser les efforts de recherche, stimuler la production scientifique et consolider les partenariats entre institutions et chercheurs africains. La signature a eu lieu en marge de la première Conférence internationale de Nouakchott sur l’apprentissage.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte africain marqué par des défis éducatifs persistants et communs à de nombreux pays, tels que les questions de qualité des enseignements, d’adéquation des formations ou de développement d’une recherche scientifique endogène. Elle répond à une quête de longue date pour une coopération académique continentale plus structurée, capable de dépasser les cadres nationaux et linguistiques pour élaborer des réponses collectives.
Les perspectives ouvertes par ce réseau sont stratégiques. Il se veut un instrument durable pour co-construire des modèles pédagogiques ancrés dans les réalités africaines. A terme, il pourrait favoriser une harmonisation des formations des enseignants, créer des programmes de recherche conjoints sur les problématiques continentales et constituer un lobby académique influent pour orienter les politiques éducatives nationales vers des standards de qualité partagés.
Les signataires portent une vision ambitieuse. Pour le secrétaire général du ministère mauritanien de l’Enseignement supérieur, Enoueye Ould Cheikh Ould Abeidi, ce réseau est “un pont de savoir” garantissant “la durabilité du développement pédagogique selon une vision africaine authentique”. Abdellatif Kidai, doyen de la faculté marocaine partenaire, y voit une nécessité scientifique et stratégique, affirmant que la coopération dans ce domaine “n’est plus une option complémentaire”.
La réussite de ce dispositif dépendra désormais de sa capacité à s’élargir au-delà de ses trois membres fondateurs et à traduire ses principes en actions concrètes. Son inauguration lors d’une conférence internationale laisse présager une volonté de rayonnement. Comme le souligne Moustapha Sokhna de l’UCAD de Dakar, il s’agit d’un cadre participatif censé servir les intérêts de tout le continent, dans un domaine – l’éducation – absolument déterminant pour son avenir.



