La Côte d’Ivoire confirme son statut de nouvelle frontière pétrolière du golfe de Guinée. Le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie a annoncé ce lundi 16 février 2026 une découverte majeure d’hydrocarbures sur le bloc CI-501. Baptisé « Calao South », ce gisement, mis au jour par le groupe italien ENI et son partenaire national Petroci Holding, vient enrichir un portefeuille énergétique déjà en pleine expansion.
Réalisé via le puits d’exploration Murène South-1X, le forage a atteint une profondeur totale de 5 058 mètres sous 2 200 mètres d’eau. Situé à seulement 8 kilomètres au sud-ouest du puits Murène-1X, ce nouveau site a révélé la présence de pétrole léger, de gaz naturel et de condensats. Les premières évaluations techniques font état de ressources en place estimées à environ 1,4 milliard de barils équivalent pétrole sur l’ensemble des blocs interconnectés CI-501 et CI-205, plaçant d’ores et déjà cette zone parmi les actifs les plus prometteurs du pays.
Cette découverte s’inscrit dans la continuité d’une série de succès exploratoires dans le bassin sédimentaire ivoirien, confirmant le potentiel des eaux profondes. Depuis les premières grosses trouvailles d’ENI sur le bloc CI-101, le gouvernement ivoirien a fait de l’accélération de l’exploration offshore une priorité pour inverser la tendance à la baisse de la production pétrolière constatée ces dernières années. Le contexte est celui d’une course à l’investissement, où Abidjan cherche à attirer les majors pour sécuriser ses réserves face à une demande intérieure croissante et à la transition énergétique.
À court terme, « Calao South » est une aubaine pour les finances publiques et la balance commerciale. Mais au-delà du pétrole, c’est la manne gazière qui cristallise les ambitions stratégiques du pays. Pour les autorités, ces nouvelles réserves sont perçues comme une assurance-vie pour la production électrique nationale. L’objectif est clair : utiliser ces ressources pour consolider le mix énergétique, réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures et garantir un approvisionnement stable à la population et à l’industrie.
Le gouvernement ivoirien voit plus loin. En multipliant ce type de découvertes, la Côte d’Ivoire entend poser les jalons de sa souveraineté énergétique à long terme. Le pays ambitionne de devenir un hub régional, capable non seulement de satisfaire ses propres besoins, mais aussi d’exporter de l’électricité vers les pays voisins. Cette vision repose sur un pari : que l’exploitation de ces nouvelles réserves, notamment gazières, s’inscrive dans une logique de développement durable, en finançant la transition tout en soutenant une croissance industrielle encore très énergivore.



