Le Maroc a pris, pour une durée de deux semaines, la présidence de la Conférence du désarmement (CD), l’instance multilatérale par excellence des Nations Unies dédiée à la négociation des traités en la matière. C’est l’ambassadeur Omar Zniber, représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU à Genève, qui conduit ces travaux jusqu’au 13 mars. Cette présidence tournante place Rabat au cœur des efforts internationaux visant à réguler les armements.
Selon des sources diplomatiques marocaines, cette désignation intervient alors que le monde traverse une phase de tensions accrues, marquée par une “érosion des mesures de confiance” et une “poursuite des dynamiques d’armement”. Fort de cette responsabilité, le Maroc entend “fédérer les efforts” pour tenter de restaurer un dialogue constructif entre des États membres profondément divisés. L’objectif affiché est de permettre à la Conférence de sortir de l’ornière et de remplir pleinement son mandat.
Le contexte international dans lequel s’inscrit cette présidence est effectivement l’un des plus complexes depuis la fin de la guerre froide. La Conférence du désarmement, qui fonctionne par consensus, est paralysée depuis des années par des blocages récurrents, notamment sur des dossiers sensibles comme la course aux armements dans l’espace ou le traité d’interdiction de la production de matières fissiles. C’est dans ce climat d’extrême défiance que Rabat tente de jouer les médiateurs.
Le point d’orgue de ce mandat éclair sera le Segment ministériel de haut niveau, prévu du 23 au 25 février. L’événement réunira une quarantaine de personnalités, dont plusieurs chefs de la diplomatie et le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. Cette session sera un test décisif pour la présidence marocaine, qui devra tenter de transformer cette mobilisation en avancées concrètes, ou à minima en une relance significative du dialogue.
Au-delà de la simple gestion d’un calendrier, cette présidence s’inscrit dans la stratégie plus large du Royaume en matière de politique étrangère. Rabat cultive depuis plusieurs années une image d’acteur responsable sur la scène internationale, misant sur la “sécurité collective” et le droit. Pour la diplomatie marocaine, cette fonction à Genève n’est pas anecdotique : elle vise à consolider sa crédibilité sur les sujets de paix et de sécurité, tout en réaffirmant son ancrage dans le multilatéralisme onusien face aux défis globaux.



