La Banque africaine d’import export (Afreximbank) a officialisé son soutien au conglomérat nigérian Dangote, qui vise un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards de dollars d’ici 2030. Un objectif colossal porté par un plan d’expansion continental sans précédent.
Présentée le 31 mars 2026, la stratégie Vision 2030 se déploie en deux temps : 2025 2028 puis 2028 2030. Elle prévoit notamment le doublement de la capacité de la raffinerie Dangote à 1,4 million de barils par jour, le quadruplement de la production d’engrais à 12 millions de tonnes par an, ainsi qu’un renforcement dans le ciment, le riz, l’énergie, le gaz et les infrastructures. Le groupe estime qu’au moins 40 milliards de dollars d’investissements supplémentaires seront nécessaires.
Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique où Afreximbank joue un rôle croissant de levier financier pour les champions industriels africains. En signant une facilité de 2,5 milliards de dollars, intégrée dans un prêt syndiqué senior de 4 milliards de dollars pour Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE, la banque confirme sa stratégie : financer des capacités locales pour réduire la facture des importations. Une ambition partagée par Aliko Dangote, qui salue le rôle clé de l’institution.
Reste à savoir si les marchés et les gouvernements africains suivront. La réussite de Vision 2030 dépendra de la stabilité politique, de la fluidité des échanges intra africains et de la capacité à lever les 40 milliards de dollars promis. Le pari est risqué : aucune entreprise privée africaine n’a encore porté une ambition industrielle de cette ampleur. Mais si elle aboutit, elle pourrait redessiner les équilibres économiques du continent.
Le docteur George Elombi, président d’Afreximbank, insiste sur une rupture : transformer les aspirations en actions concrètes. Derrière les chiffres, c’est un test grandeur nature pour la souveraineté économique africaine. Dangote mise sur l’intégration verticale et les économies d’échelle. Les prochaines années diront si ce géant nigérian, épaulé par une banque panafricaine, peut réellement faire basculer le modèle extractif du continent vers un développement industriel durable.



