Francis Ngannou a prouvé samedi soir, à l’Intuit Dome, qu’il reste l’un des heavyweights les plus redoutables de la planète. En seulement son deuxième combat en MMA en quatre ans, le Camerounais a mis KO Philippe Lins par un crochet du gauche à 4:31 du premier round, signant sa huitième victoire consécutive dans la discipline.
Ce n’était pas un simple retour, mais une démonstration de puissance brute et de précision chirurgicale. Lins, pourtant solide, a subi la loi d’un Ngannou rapide, explosif et parfaitement remis de ses blessures au genou. L’ancien champion UFC, âgé de 39 ans, n’a pas perdu une once de sa fameuse force de frappe debout, celle-là même qui avait terrorisé la division avant son départ vers la boxe et la PFL.
Ce combat marque une étape clé dans une carrière hachée par les conflits contractuels et les changements d’organisation. Après avoir quitté l’UFC, affronté Tyson Fury et Anthony Joshua en boxe, puis navigué au sein de la PFL, Ngannou avait été absent de toute compétition en 2025. Nombreux doutaient de sa capacité à revenir au sommet sans rythme. Ce KO debout, le premier du genre depuis 2021, balaye ces interrogations.
L’avenir de Ngannou est désormais au centre des spéculations. Dans la salle, deux noms circulaient : Jon Jones, légende sous contrat exclusif avec l’UFC, et Jake Paul, promoteur et boxeur. Jones a fait un geste d’appel à Ngannou et évoqué une volonté de quitter l’UFC. Paul, lui, a déjà tenté de provoquer un combat de boxe avec le Camerounais. Reste à voir si ces affrontements, encore hypothétiques, deviendront réalité face aux verrous juridiques et économiques.
Ce qui frappe dans ce combat, c’est l’état de grâce athlétique de Ngannou. Malgré une longue inactivité et des antécédents de blessures aux genoux, il a fait preuve d’une mobilité impressionnante. Son premier coup de pied circulaire a littéralement fait pivoter Lins. Dès les premières minutes, le Brésilien avait le nez en sang, subissant des frappes d’une lourdeur que peu de heavyweights peuvent encaisser longtemps.
Interrogé à chaud sur sa place parmi les meilleurs, Ngannou n’a pas usé de fausse modestie : « Je suis le putain de meilleur, point final. » Une déclaration qui résonne comme un avertissement à toute la division. À 39 ans, il ne cherche pas à plaire, mais à imposer une suprématie que son poing gauche vient de réaffirmer aux yeux du monde. L’inactivité n’a tué ni le fauve ni l’ambition.







