La Côte d’Ivoire a inauguré sa deuxième centrale solaire, mise en service pour renforcer l’offre d’électricité propre sur son territoire. Selon le gouvernement, cette infrastructure doit produire annuellement 90 GWh, soit de quoi alimenter plus de 370 000 foyers en électricité fiable et décarbonée. Cette montée en puissance traduit la volonté d’Abidjan de diversifier ses sources d’approvisionnement, historiquement dominées par l’hydroélectricité et les centrales thermiques à gaz.
Au-delà du gigantisme des chiffres, cette centrale incarne un virage technique et logistique. Les 90 GWh générés chaque année devraient permettre d’éviter le rejet de 39 000 tonnes de CO₂ dans l’atmosphère, un gain environnemental non négligeable dans une région ouest-africaine particulièrement exposée aux effets du changement climatique. L’électricité produite est destinée à un large spectre d’usagers prioritaires : ménages, établissements scolaires et centres de santé. Cette orientation stratégique vise à stabiliser l’approvisionnement dans des zones jusqu’ici sujettes aux coupures ou à la vétusté du réseau.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique entamée en 2024 avec l’inauguration de la première centrale solaire du pays. Depuis, les autorités ivoiriennes ont fait de l’énergie solaire un pilier de leur politique de transition énergétique, en complément des barrages hydroélectriques qui assurent l’essentiel de la production nationale. Le pays, qui ambitionne de réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées, mise également sur ce type d’infrastructure pour répondre à une demande intérieure en forte croissance, portée par l’urbanisation rapide et l’essor des activités industrielles.
Le ministre des Mines et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a fixé un objectif clair : atteindre plus de 1 300 mégawatts de capacité solaire installée d’ici 2035. Cela suppose un rythme de déploiement soutenu, avec plusieurs autres centrales déjà en phase d’étude ou de financement. Si cette trajectoire se concrétise, la part du solaire dans le mix électrique ivoirien passera de marginale à significative, modifiant en profondeur la structure des coûts et la résilience du réseau face aux aléas climatiques.
L’accent mis sur les écoles et les centres de santé n’est pas anodin. Dans les régions rurales, l’absence de courant perturbe les chaînes du froid vaccinal et limite l’usage d’équipements médicaux de base. De même, l’électrification des établissements scolaires permet d’allonger les heures d’étude et d’introduire des outils numériques. En ciblant ces infrastructures, le gouvernement espère un effet multiplicateur sur les indicateurs de développement humain, au-delà du simple accès à l’électricité.
Reste que la multiplication des centrales solaires pose des questions de stockage et d’intégration au réseau national. Le soleil ne brille pas en continu, et l’intermittence reste le talon d’Achille de cette énergie. Les autorités n’ont pas encore détaillé le volet batteries ou solutions de back-up, sans lesquelles ces investissements risquent de ne pas tenir toutes leurs promesses en matière de fiabilité. Par ailleurs, le coût initial des équipements, souvent importés, pèse sur la balance commerciale et exige un montage financier solide, associant fonds publics et partenariats privés.



