La deuxième journée du groupe C de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026, qui se dispute samedi 1er août à Rabat, s’annonce décisive pour la hiérarchie de la poule. Après une entame fracassante, le Malawi, novice à ce niveau, et la Zambie, portée par un quadruplé de sa capitaine Barbra Banda, occupent seuls les deux premières places, tandis que le Nigeria tenant du titre et l’Égypte jouent déjà leur survie dans la compétition. Les rencontres Égypte–Malawi au stade Moulay El Hassan et Nigéria–Zambie au stade Al Madina vont redistribuer les cartes avant les quarts de finale.
Les dynamiques de ce groupe C sont aussi claires qu’implacables. La Zambie, avec son jeu vertical et sa star Barbra Banda, a infligé une correction historique à l’Égypte (6-0), confirmant son statut de prétendante sérieuse au titre. De son côté, le Malawi a réalisé l’exploit du premier tour en terrassant le Nigeria (3-2) pour sa toute première phase finale, signant l’une des plus grandes surprises de l’histoire récente de la compétition. Ces résultats contraignent les Super Falcons, quintuples championnes d’Afrique, à un véritable match de couperet face aux Zambiennes, sous peine d’une élimination précoce qui serait vécue comme un séisme sur le continent.
Cette édition 2026, organisée au Maroc du 26 juillet au 16 août, marque un tournant dans l’histoire de la CAN féminine avec un format élargi à seize équipes, réparties en quatre groupes de quatre. Le Nigeria, habituel maître du football féminin africain, aborde ce rendez-vous avec l’étiquette de favori naturel, mais les résultats de la première journée ont révélé les limites d’une préparation peut-être insuffisante face à la montée en puissance des nations d’Afrique australe. La Zambie, demi-finaliste en 2022, et le Malawi, révélation des éliminatoires, incarnent ce nouvel équilibre qui bouscule les hiérarchies historiques et rend chaque match imprévisible.
L’issue de cette deuxième journée déterminera non seulement les deux qualifiés pour les quarts de finale, mais aussi le parcours futur des équipes dans la compétition. Les quatre demi-finalistes obtiendront leur billet pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil, un enjeu colossal qui ajoute une pression supplémentaire. Pour le Nigeria, une élimination en phase de poules serait inédite depuis 2012 et mettrait en cause son modèle de développement. Pour la Zambie et le Malawi, une qualification validerait leur progression et offrirait une visibilité internationale inespérée, à moins d’un an du Mondial brésilien.
Au-delà du seul résultat, ces affiches cristallisent des tensions tactiques intéressantes. Le Malawi, qui a su exploiter les faiblesses défensives nigérianes, devra confirmer face à une Égypte en quête de rédemption après sa déroute. Les Égyptiennes, qui n’ont jamais franchi le premier tour dans cette compétition, doivent impérativement trouver des ressources mentales pour éviter une élimination prématurée. De l’autre côté, le duel entre Barbra Banda et la défense nigériane s’annonce comme le choc des individualités, avec en arrière-plan la question de la profondeur des effectifs : les Super Falcons disposent-ils encore de la force collective pour renverser une équipe zambienne en pleine confiance ?
La CAN 2026, qui se dispute sur cinq stades répartis entre Rabat et Casablanca, totalise 34 rencontres avant la finale prévue le 16 août au Stade olympique de Rabat. Les quarts de finale, les 8 et 9 août, seront suivis des barrages pour la Coupe du monde, le 13 août à Casablanca, pour les équipes battues en quarts. Ce calendrier dense impose une gestion rigoureuse des effectifs, et les équipes déjà sous pression comme le Nigeria ou l’Égypte devront composer avec des délais de récupération réduits. Dans ce contexte, la deuxième journée de groupe ne se joue pas seulement sur le terrain, mais aussi dans la tête des joueuses et des staffs techniques, confrontés à l’urgence de rectifier le tir.



