C’est officiel : Hervé Renard reprend les rênes de la sélection ivoirienne. La Fédération ivoirienne de football a annoncé mardi 4 août la nomination du technicien français pour succéder à Emerse Faé, dont le contrat n’a pas été renouvelé. Un retour aux sources pour l’homme qui, en 2015, avait brisé plus de deux décennies de disette en offrant aux Éléphants leur deuxième étoile continentale.
Âgé de 57 ans, Hervé Renard hérite d’une mission claire : préparer la Côte d’Ivoire aux prochaines échéances internationales, avec en ligne de mire la Coupe d’Afrique des nations 2026 et le Mondial à venir. Il est attendu à Abidjan dans les jours prochains pour une prise de contact officielle et une conférence de presse dont les détails seront communiqués ultérieurement. Ce choix marque un virage assumé après l’intérim d’Emerse Faé, qui avait pourtant conduit les Éléphants au sacre à domicile lors de la CAN 2024 avant de les guider jusqu’aux seizièmes de finale du Mondial 2026.
Ce retour n’est pas anodin. Hervé Renard connaît parfaitement l’écosystème du football africain, qu’il a sillonné pendant près de quinze ans. Avant son premier passage en Côte d’Ivoire, il avait déjà marqué l’histoire en remportant la CAN 2012 avec la Zambie, une première pour le pays. Il a ensuite dirigé le Maroc lors du Mondial 2018 en Russie, sans parvenir à sortir de la phase de groupes, avant d’enchaîner des expériences plus contrastées au Ghana, en Angola, mais aussi en Ligue 1 avec Lille et sur le banc de l’équipe de France féminine, où il a atteint les quarts des JO 2024 à Paris.
Pour la FIF, ce choix est autant symbolique que stratégique. Si le pari de Faé avait réussi sur le court terme, la direction ivoirienne mise désormais sur l’expérience et la capacité de Renard à gérer les grands rendez-vous. Le technicien devra toutefois composer avec une génération en transition, où les cadres historiques ont laissé place à une nouvelle vague de talents. Son principal défi sera de reconstruire un collectif compétitif tout en répondant à l’exigence immédiate de résultats, dans un contexte où la Côte d’Ivoire ambitionne de redevenir une puissance majeure du football continental.
Si l’on s’arrête sur son curriculum, Renard incarne un paradoxe du football moderne. Il est perçu en Europe comme un technicien au parcours irrégulier, mais reste adulé sur le continent africain, où son approche directe et sa maîtrise des tournois à élimination directe ont fait ses preuves. Son intérim manqué avec la Tunisie lors du Mondial 2026, ponctué par deux défaites, n’a pas entamé sa cote auprès des dirigeants ivoiriens. Ces derniers voient en lui un « homme de missions » capable de fédérer autour d’un projet, même dans l’urgence.
En Côte d’Ivoire, le retour de Renard suscite une prudence mesurée. Les supporters n’ont pas oublié le sacre de 2015, mais ils se souviennent aussi des tensions lors de son premier mandat avec certains cadres. La réussite de Faé à domicile a créé un précédent exigeant : il ne s’agit plus seulement de gagner, mais de le faire avec la manière et sur la durée. Renard devra rapidement convaincre, notamment lors des éliminatoires de la CAN 2026, pour éviter que ce retour ne soit perçu comme un simple effet d’annonce. La pression est immense, mais l’homme a déjà prouvé, par le passé, qu’il savait la transformer en levier.



