Le président-directeur général de Dangote Industries, Aliko Dangote, a rencontré le Premier ministre canadien, Mark Carney, à Ottawa pour discuter d’un renforcement inédit des liens économiques entre le Canada et l’Afrique. Au cœur des échanges : l’élargissement des opportunités d’investissement au Canada et le rôle que pourraient y jouer les grands groupes africains, à commencer par le conglomérat nigérian.
Cette rencontre, qui s’est tenue en marge d’une visite de travail, a permis d’aborder concrètement la contribution potentielle de Dangote Industries au développement économique canadien, notamment dans les secteurs industriels et énergétiques. Les discussions ont également porté sur la stratégie africaine du Canada, perçue comme encore trop timide, et sur la nécessité d’accroître les échanges bilatéraux, encore très en deçà du potentiel réel des deux marchés.
Ces pourparlers interviennent dans un contexte où le Canada, traditionnellement moins présent sur le continent que ses partenaires européens ou chinois, cherche à redéfinir sa feuille de route africaine. Si Ottawa dispose d’atouts majeurs, notamment dans les ressources naturelles et les technologies vertes, il peine à structurer une offre cohérente face à des concurrents plus offensifs. La rencontre avec Dangote, figure la plus influente du secteur privé africain, marque ainsi une volonté claire d’ancrer la coopération sur des bases commerciales solides et non plus seulement humanitaires.
Au-delà des déclarations de principe, cette dynamique pourrait déboucher sur des initiatives concrètes dans les mois à venir, notamment dans le domaine des engrais, de la pétrochimie ou des infrastructures énergétiques, où le groupe Dangote possède une expertise reconnue. L’enjeu est double : pour le Canada, il s’agit de diversifier ses partenaires et de sécuriser des débouchés pour ses technologies ; pour l’Afrique, de prouver que ses champions industriels peuvent être des investisseurs crédibles en Amérique du Nord, et non plus seulement des récipiendaires de capitaux étrangers.
Aliko Dangote a d’ailleurs plaidé pour des relations économiques plus étroites, estimant qu’elles pourraient favoriser la création d’emplois, l’innovation et le développement industriel des deux côtés de l’Atlantique. « Les partenariats stratégiques entre l’Afrique et le Canada disposent d’un immense potentiel pour stimuler une croissance durable et créer de la valeur pour les deux régions », a-t-il déclaré, appelant à davantage d’initiatives communes.
Lors de son séjour, le milliardaire nigérian a également rencontré Ahmed Hussen, député fédéral et président du Comité des affaires étrangères du Canada. Ces entretiens ont confirmé l’intérêt partagé pour une coopération à long terme, au-delà des cycles politiques. Reste à savoir si cette séquence diplomatique, aussi prometteuse soit-elle, se traduira par des accords concrets, ou si elle demeurera une simple intention, comme tant d’autres avant elle.



