À moins de deux semaines des élections législatives marocaines prévues le 23 septembre 2026, la commission spéciale d’accréditation a validé la participation de 3 006 observateurs. Ce contingent, composé d’acteurs nationaux et internationaux, aura pour mission de suivre l’intégralité du processus électoral, depuis le déroulement du scrutin jusqu’à la proclamation des résultats. Une opération d’ampleur, qui traduit la volonté des autorités d’encadrer strictement une échéance politique déterminante pour l’avenir du pays.
Parmi les observateurs agréés, 783 appartiennent au Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), tandis que 2 023 représentent des organisations non gouvernementales marocaines. À ces chiffres s’ajoutent près de 200 observateurs issus de 20 instances internationales et régionales, ainsi que dix représentations diplomatiques accréditées à Rabat. Ces observateurs, originaires d’Afrique, d’Europe, des Amériques et d’Asie, seront déployés dans les douze régions du royaume après avoir suivi des sessions d’information sur le cadre juridique électoral, à partir du 20 septembre.
Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique amorcée lors des précédents scrutins, où le Maroc a progressivement renforcé son dispositif d’observation pour répondre aux exigences de transparence et de crédibilité. La révision exceptionnelle des listes électorales, arrêtées au 10 juillet 2026, a porté le nombre d’inscrits à plus de 15,8 millions d’électeurs. Par ailleurs, une mission préliminaire de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s’est rendue au Maroc fin août pour évaluer les préparatifs, signe de l’attention internationale portée à ce scrutin.
À l’issue du vote, le parti arrivé en tête disposera du droit de former un gouvernement, conformément à la Constitution. C’est le roi Mohammed VI qui désignera le chef de gouvernement issu de cette formation politique, ouvrant la voie à de nouvelles tractations pour la composition de l’exécutif. L’enjeu est de taille : la stabilité politique et la poursuite des réformes engagées dépendront en grande partie de la configuration de la future majorité parlementaire.
Afin de garantir la qualité de l’observation, le CNDH a organisé des formations à l’intention de 1 313 observateurs, répartis dans 33 centres couvrant 23 villes. La présidente du CNDH, Amina Bouayach, a souligné que l’accréditation a été délivrée dans le strict respect des critères légaux, avec une attention particulière à la diversité géographique, culturelle et de genre. Une importance accrue a également été accordée aux associations défendant les droits des personnes en situation de handicap, afin d’assurer une observation inclusive et représentative de la société marocaine.
La campagne électorale sera officiellement lancée le jeudi 10 septembre à la première heure, pour s’achever le mardi 22 septembre à minuit, veille du scrutin. Ce calendrier serré laisse aux observateurs une fenêtre restreinte pour finaliser leur préparation et se positionner sur le terrain. Leur présence, sur l’ensemble du territoire, devra couvrir l’ensemble des opérations électorales, depuis l’ouverture des bureaux de vote jusqu’au dépouillement, afin de livrer un bilan objectif et détaillé du déroulement des élections.



