La Banque islamique de développement (BID) a réaffirmé, lundi à Yaoundé, sa volonté d’accompagner le Cameroun dans la diversification de son économie et le développement de son secteur privé. À la clé, de nouveaux financements et partenariats, dont un montant global de 137 millions d’euros, et un Cadre d’engagement national en préparation pour la période 2027-2029.
Réunissant plus de 500 participants issus du gouvernement, du secteur privé, des institutions financières, des chambres de commerce et des partenaires au développement, la Journée du Groupe de la BID au Cameroun a permis de décliner les instruments dont dispose l’institution pour soutenir l’investissement, le commerce, l’assurance, la finance islamique et le renforcement des capacités. Plusieurs accords ont été signés entre la BID et l’État camerounais, tandis que des lettres d’intention ont été conclues entre la Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD) et des partenaires financiers camerounais. Les échanges ont porté sur les partenariats public-privé, les infrastructures vertes, les énergies renouvelables, le financement des petites et moyennes entreprises ainsi que le développement du capital humain, avec une attention particulière portée à l’emploi des jeunes et des femmes.
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte où le Cameroun cherche à accélérer la transformation structurelle de son économie, conformément à sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Le pays mise sur la diversification de sa base productive, l’amélioration des infrastructures, la création d’emplois et une plus grande mobilisation des investissements privés. L’accès au financement demeure toutefois l’un des principaux obstacles au développement des PME camerounaises, un enjeu qui a occupé une place centrale dans les discussions.
Pour la prochaine étape, le Groupe de la BID prépare un Cadre d’engagement national (CEF) pour la période 2027-2029. Ce document devra être articulé avec la SND30 et le nouveau Cadre stratégique décennal du Groupe. À travers ce futur cadre, l’institution souhaite inscrire son intervention dans une approche plus globale et programmatique, en combinant financement des infrastructures, soutien au secteur privé, développement du commerce et investissement dans le capital humain. Pour Yaoundé, l’enjeu consiste désormais à transformer ces engagements financiers et institutionnels en investissements capables de soutenir une croissance plus diversifiée, inclusive et durable, tout en améliorant l’environnement des affaires et les perspectives d’emploi.
Le partenariat entre le Cameroun et la BID s’inscrit dans la durée. Depuis l’adhésion du pays à la Banque en 1977, environ 4,2 milliards de dollars de financements ont été approuvés en faveur de projets bénéficiant à la population camerounaise. La Journée a également mis en avant les interventions des différentes entités du Groupe, notamment l’ICD, la Société islamique internationale de financement du commerce (ITFC), la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (ICIEC), l’Institut de la BID et le Fonds pour la vie et les moyens de subsistance (LLF).
Des rencontres bilatérales entre représentants du Groupe de la BID, entrepreneurs, investisseurs et institutions financières ont par ailleurs permis d’identifier des opportunités concrètes de coopération et de partenariats. La BID a réaffirmé sa disponibilité à poursuivre sa coopération avec les autorités camerounaises et le secteur privé afin d’élargir les opportunités d’investissement et de commerce et de consolider les partenariats stratégiques. Reste à savoir si ces engagements se traduiront par des décaissements effectifs et des projets mesurables, condition sine qua non pour que la diversification tant attendue de l’économie camerounaise ne demeure pas un objectif de papier.



