Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un appel pressant aux gouvernements pour renforcer la coopération internationale face aux menaces mondiales, avertissant que le monde est entré dans « une ère de profonde incertitude ». À l’approche du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), il a désigné trois menaces existentielles : le développement incontrôlé de l’intelligence artificielle, la crise climatique et l’aggravation des inégalités.
S’exprimant devant la presse à New York, le chef de l’ONU a détaillé les risques liés à l’intelligence artificielle, reconnaissant son « potentiel considérable » dans les domaines de la santé, de l’éducation et du climat, mais avertissant que le monde « ne pouvait se permettre d’ignorer les préoccupations » liées à une technologie qui progresse plus rapidement que la compréhension de ses risques. Il a insisté sur la nécessité pour les gouvernements de protéger leurs citoyens et sur le caractère indispensable de la coopération mondiale, alors que les inquiétudes grandissent autour d’une course à l’IA entre les États-Unis et la Chine. Selon lui, des pauses volontaires dans le développement de cette technologie seraient inefficaces si elles restaient isolées et limitées à quelques pays, prévenant que « le monde ne peut pas se permettre une course au moins-disant en matière de sécurité de l’intelligence artificielle ».
Cette prise de position intervient dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par la guerre en Ukraine, plus de quatre ans après le lancement de l’offensive russe à grande échelle, et par la situation à Gaza. La 81e session de l’Assemblée générale a débuté le 8 septembre, tandis que le débat général de haut niveau doit s’ouvrir le 22 septembre. Le Secrétaire général a réitéré son appel en faveur d’une solution à deux États au Moyen-Orient et d’un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine, tout en reconnaissant la nécessité de réformer les institutions internationales, y compris l’ONU.
Pour l’avenir, António Guterres a souligné que les engagements fondamentaux de l’Organisation en matière de maintien de la paix et de protection des droits humains demeuraient inchangés. « Moderniser nos structures ne doit jamais signifier abandonner nos principes ; cela doit au contraire signifier les appliquer avec encore plus de détermination », a-t-il déclaré. Il a appelé les États membres à respecter plus que jamais la Charte des Nations Unies, à défendre le droit international, à protéger les droits humains, à investir dans le développement durable et à promouvoir la paix. L’Assemblée générale devrait examiner les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine au cours de la semaine prochaine.
Le chef de l’ONU a également mis en avant le Panel scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle, créé sous l’égide des Nations unies. Selon lui, cet organe contribuera aux débats mondiaux en fournissant les meilleures données scientifiques disponibles sur les opportunités et les risques liés à l’IA. Il a plaidé pour l’adoption de garde-fous destinés à renforcer la confiance et à garantir une intelligence artificielle « sûre, transparente et responsable, plaçant la dignité humaine au centre ».
Concernant les conflits en cours, M. Guterres a cité la situation à Gaza et la guerre en Ukraine parmi les principales préoccupations actuelles, exhortant les dirigeants à privilégier « la désescalade, la diplomatie et le dialogue ». « À ce moment crucial pour le Moyen-Orient, la désescalade doit être la priorité numéro un, la priorité numéro deux et la priorité numéro trois », a-t-il affirmé. Il a également appelé toutes les parties impliquées dans le conflit au Moyen-Orient à respecter la liberté de navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb et à veiller à ne pas porter atteinte aux populations civiles, attirant l’attention sur les souffrances de la population palestinienne à Gaza et estimant que « l’annexion de la Cisjordanie par Israël doit cesser ». Concernant l’Ukraine, il a déclaré qu’« aucune issue n’est en vue », appelant à un cessez-le-feu immédiat comme première étape vers « une paix juste, durable et globale ». En conclusion, il a martelé : « La coopération internationale est plus nécessaire que jamais. »



