Les grandes lignes du partenariat minier entre la République démocratique du Congo et les États-Unis commencent à se dessiner. À l’occasion du Mining Indaba, la grand-messe africaine des ressources extractives qui s’est tenue début février au Cap, les deux parties ont tenu leur premier comité de pilotage. Si l’enthousiasme était palpable chez les acteurs présents, les contours précis de cet accord sur les minerais stratégiques restent encore à finaliser, en attendant le verdict des investisseurs américains.
Concrètement, Kinshasa a transmis à Washington une liste de projets éligibles à un futur partenariat, et c’est désormais au gouvernement américain de solliciter son secteur privé pour manifester son intérêt. Le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a tenu à écarter toute idée de « braderie » des ressources nationales, insistant sur la diversité des domaines concernés, qui dépassent le seul secteur minier pour inclure l’agriculture, l’énergie ou encore l’assistance technique. Dans les prochaines semaines, les entreprises américaines intéressées devraient se positionner pour structurer des financements et des partenariats opérationnels.
Parmi les dossiers les plus commentés figure la possible cession de 40 % des actifs du géant Glencore à des intérêts américains. L’entreprise, qui entend conserver la majorité et le contrôle de ses opérations, présente cette ouverture comme un signe de confiance envers les investisseurs institutionnels américains, particulièrement attirés par le cuivre et le cobalt congolais. Cette manœuvre s’inscrit dans une logique plus large d’approvisionnement sécurisé des États-Unis en minerais critiques, dans un contexte de compétition technologique et industrielle mondiale.
Ce rapprochement avec Washington ne date pas d’hier. Il s’inscrit dans une stratégie congolaise visant à diversifier ses partenariats miniers, historiquement dominés par la Chine. En octobre dernier, une délégation financière congolaise était déjà à Washington pour jeter les bases de cette coopération. Les banques locales, comme Rawbank, y jouent un rôle clé : elles servent d’intermédiaires entre les capitaux étrangers et les réalités du terrain, notamment pour financer la phase critique d’exploration qui précède le développement minier.
Mais au-delà des promesses économiques, l’ombre de l’insécurité plane toujours sur l’est du pays. Si certains acteurs du secteur veulent croire que ces discussions avec les Américains pourraient favoriser une dynamique de paix entre Kinshasa et Kigali, force est de constater qu’aucun accord politique n’est venu, à ce jour, arrêter les combats. L’équation reste donc complexe : attirer les investisseurs étrangers dans un climat d’instabilité chronique, tout en espérant que ces mêmes investissements contribuent à stabiliser la région.



