Titre 1 : Biodiversité : Un nouveau genre d’escargot parasite découvert dans la Grande Forêt Marine Africaine
Titre 2 : Afrique du Sud : Une découverte majeure révèle l’inconnu des profondeurs de la forêt de kelp
Titre 3 : Dix ans de recherche aboutissent à la découverte d’un genre inédit d’escargot marin au large de l’Afrique du Sud
Un nouveau genre d’escargot de mer découvert dans la Grande Forêt Marine Africaine
Une équipe de scientifiques de l’Université du Cap a identifié, au large de l’Afrique du Sud, un organisme marin inédit. Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle espèce, mais d’un genre entièrement nouveau d’escargot de mer, nommé Introphiuricola rebeccae. Cette découverte, récemment officialisée après plus d’une décennie d’investigations, souligne l’immense méconnaissance persistante des écosystèmes marins complexes.
Le spécimen, initialement observé en 2015, présente un mode de vie parasitaire unique. Il infecte spécifiquement les ophiures, des échinodermes proches des étoiles de mer, en se logeant dans leurs chambres incubatrices. Cette adaptation spécialisée suggère une relation hôte-parasite évoluée et, jusqu’alors, non documentée par la science. La lenteur du processus d’identification, nécessitant des analyses morphologiques et génétiques poussées, illustre les défis méthodologiques que posent ces micro-organismes marins.
Cette découverte s’inscrit dans l’exploration de la Grande Forêt Marine Africaine. Cet écosystème sous-marin, qui s’étend sur près de 1000 kilomètres le long de la côte sud-africaine, constitue la seule forêt de varech géant (kelp) de l’hémisphère sud. Reconnue pour sa biodiversité exceptionnelle, cette forêt abrite une multitude d’espèces endémiques et joue un rôle écologique crucial, comparable à celui des forêts tropicales humides terrestres. Pourtant, ses profondeurs restent largement inexplorées.
La mise au jour de Introphiuricola rebeccae ouvre plusieurs perspectives. D’une part, elle devrait inciter à intensifier les campagnes d’inventaire biologique dans cet habitat, laissant présager d’autres découvertes majeures. D’autre part, elle pose des questions fondamentales sur la coévolution des parasites et de leurs hôtes dans un environnement aussi isolé. Enfin, elle rappelle l’urgence de protéger cet écosystème unique, vulnérable aux changements climatiques et aux activités humaines, avant même que son patrimoine vivant ne soit entièrement répertorié.
Les chercheurs soulignent que de tels parasites peuvent servir de bio-indicateurs de la santé des populations d’ophiures, elles-mêmes essentielles à l’équilibre de l’écosystème du kelp. Leur étude pourrait donc fournir des données précieuses pour le suivi écologique de la forêt marine.
Cette annonce intervient dans un contexte où la biologie des fonds marins africains bénéficie d’une attention scientifique croissante, mais reste sous-financée. Elle démontre l’importance critique de la recherche taxonomique de base, souvent longue et peu médiatique, pour appréhender la complexité du vivant et évaluer ce qui est en train d’être perdu.



