Le Burkina Faso a décidé de porter sa participation dans la mine d’or de Kiaka à 40 %, marquant une nouvelle étape dans la stratégie de l’État visant à contrôler davantage ses ressources naturelles. Un décret adopté le 19 février en Conseil des ministres acte une prise de participation supplémentaire de 25 % dans la société KIAKA SA, qui détient la concession de ce vaste gisement situé dans la région du Centre-Sud.
Avec cette augmentation, l’État burkinabè passe d’une participation de 15 % à 40 % dans ce projet majeur. Cette décision s’inscrit dans une logique de maximisation des retombées économiques issues de l’exploitation aurifère. La mine de Kiaka, qui s’étend sur 54 km², est considérée comme l’un des plus grands projets miniers du pays. Selon les données communiquées par l’entreprise opératrice, le site pourrait produire en moyenne 234 000 onces d’or par an sur une durée prévisionnelle de vingt ans.
Ce renforcement de la participation publique n’est pas un cas isolé au Burkina Faso, ni même en Afrique de l’Ouest. Depuis plusieurs années, les gouvernements de la région revoient leurs codes miniers pour capter une part plus importante des revenus extractifs, face à une hausse des cours de l’or et à une demande accrue de justice fiscale. Le contexte sécuritaire dégradé et la nécessité de financer l’effort de guerre contre les groupes armés terroristes poussent également l’exécutif burkinabè à chercher des sources de financement supplémentaires. L’objectif officiel affiché est clair : accroître la souveraineté nationale sur les ressources du sous-sol.
Cette prise de participation pourrait préfigurer d’autres mouvements similaires sur des actifs stratégiques, alors que le gouvernement multiplie les signaux en faveur d’un contrôle étatique renforcé. Pour l’opérateur minier, historiquement majoritaire dans le projet, ce changement implique de revoir la gouvernance et le partage des bénéfices. À long terme, l’enjeu sera de vérifier si cette montée au capital se traduit effectivement par des retombées tangibles pour les populations locales et les caisses de l’État, au-delà des annonces politiques.
La mine de Kiaka représente un défi industriel de taille, nécessitant des investissements conséquents et une expertise technique que l’État ne possède pas seul. Si la hausse de la participation publique renforce la main de Ouagadougou dans les décisions stratégiques, elle ne modifie pas fondamentalement la dépendance du projet vis-à-vis des capitaux et du savoir-faire étrangers. La réussite de cette opération reposera donc sur la capacité de l’État à jouer un rôle actif et éclairé dans le pilotage du projet, sans compromettre l’équilibre économique de l’exploitation.



