La scène politique camerounaise se divise à huit mois de l’élection présidentielle de 2025. Plusieurs figures de l’opposition, dont Tomaïno Ndam Njoya, Maurice Kamto, Cabral Libii et Akere Muna, ont officiellement déclaré leur intention de se présenter à la présidence. Un nombre croissant de candidatures s’ajoute à une situation déjà complexe où l’opposition semblait pourtant vouloir s’unir derrière une candidature unique pour contrer le pouvoir en place. Cette dynamique de candidatures multiples soulève des questions sur la cohésion et la stratégie de l’opposition à l’approche de ce scrutin crucial.
Parmi les figures emblématiques de cette opposition se trouvent Maurice Kamto, leader du MRC, Cabral Libii du PCRN, et Akere Muna d’Univers, ainsi que Tomaïno Ndam Njoya de l’UDC. Ces personnalités, toutes candidates à l’élection présidentielle, se retrouvent néanmoins dans une situation où les alliances envisagées, telles que l’APC (Alliance politique pour le changement), semblent se dissiper. En dépit des discussions autour de la création d’une candidature unique, l’opposition avance, pour le moment, en rang dispersé. Si les candidats doivent encore être validés par Elecam, l’organisme chargé des élections, l’unité, qui semblait une option stratégique, paraît désormais de plus en plus difficile à concrétiser.
L’opposition camerounaise est marquée par une longue tradition de fractures internes, ce qui a souvent mis en lumière les difficultés d’une unification face au pouvoir. Les élections présidentielles passées ont été dominées par Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. De nombreux observateurs de la scène politique estiment que l’opposition a toujours manqué d’une vision commune et d’une stratégie concertée. Le contexte actuel, avec la montée de coalitions comme l’APC et l’Alliance pour la transition politique, montre bien la volonté de l’opposition d’innover, mais aussi ses limites dans la mise en place d’une unité véritable.
L’idée d’une candidature unique n’est pas totalement abandonnée, mais elle semble de plus en plus irréaliste. Selon des sources proches des partis d’opposition, l’objectif aujourd’hui serait de laisser Elecam valider les candidatures et de choisir ensuite, parmi les candidats légitimes, celui qui pourrait avoir le plus de chance de battre le candidat du pouvoir. Ce scénario présente des risques, car l’opposition pourrait se retrouver à choisir un candidat déjà affaibli par une campagne fragmentée et sans la force d’une coalition unie.
Certains analystes politiques attribuent cette dispersion des candidatures à des divergences idéologiques, mais aussi à des ambitions personnelles au sein même de l’opposition. Chaque leader semble vouloir conserver son indépendance politique et son espace de manœuvre. La défection d’anciens membres de coalitions telles que l’Alliance pour la transition politique montre également que la recherche d’un consensus est loin d’être simple. Les partisans de chacun des candidats estiment que leur leader représente la meilleure chance pour le changement, et cette compétition interne complexifie davantage la situation.
À l’approche des élections, l’opposition semble prête à engager une bataille interne avant même d’affronter le pouvoir. Si aucune solution unitaire n’émerge rapidement, la présidentielle de 2025 pourrait se transformer en un duel à plusieurs fronts, avec des implications potentiellement désastreuses pour l’unité de l’opposition. Toutefois, la dynamique pourrait encore évoluer si les candidats parviennent à s’entendre sur une stratégie commune, mais les mois à venir seront décisifs pour déterminer si l’opposition pourra réellement offrir une alternative crédible aux électeurs camerounais.