La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement ouvert, ce lundi 12 janvier 2026, une enquête disciplinaire suite aux graves incidents ayant émaillé deux quarts de finale de la CAN 2025. Les matches Cameroun-Maroc et Algérie-Nigeria, disputés les 9 et 10 janvier, ont été marqués par des agressions verbales et physiques contre les arbitres, des altercations entre joueurs et des débordements impliquant aussi des officiels et des journalistes.
L’instance dirigeante a transmis au sein de son Jury disciplinaire les rapports d’arbitrage et des éléments vidéo concernant ces deux rencontres. Elle cite explicitement des « comportements inacceptables de la part de certains joueurs et officiels », potentiellement contraires aux règlements et à l’éthique sportive. La CAF examine également un incident distinct survenu en zone mixte après Algérie-Nigeria, où des journalistes algériens et marocains se seraient affrontés physiquement. Des sanctions seront prononcées si les responsabilités sont établies.
Ces épisodes s’inscrivent dans un contexte récurrent de défiance envers l’arbitrage sur le continent, souvent perçu comme un point faible structurel du football africain. Les frustrations liées à l’utilisation de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), son intervention perçue comme inconstante, et le sentiment d’injustice qu’elle peut amplifier, alimentent régulièrement des tensions explosives en phase finale de compétition. La pression extrême pesant sur les sélections et leurs staffs dans un tournoi aussi prestigieux que la CAN sert souvent de catalyseur à ces explosions de violence.
Les perspectives immédiates sont judiciaires et disciplinaires. Le jury de la CAF devra identifier les coupables parmi les joueurs, membres du staff ou officiels impliqués, et prononcer des sanctions pouvant aller jusqu’à de lourdes amendes et des suspensions. Parallèlement, la Fédération algérienne (FAF) a déposé une plainte officielle auprès de la CAF et de la FIFA concernant l’arbitrage du match contre le Nigeria, réclamant sa propre enquête. Cette démarche pourrait accentuer les tensions entre fédérations et avec l’instance continentale.
Le détail des incidents est édifiant. À Rabat, le staff camerounais, furieux du refus de l’arbitre mauritanien Dahane Beida de recourir au VAR pour une action de Bryan Mbeumo, a tenté de l’interpeller violemment à la fin du match, l’obligeant à quitter le terrain sous escorte. À Marrakech, l’arbitre sénégalais Issa Sy a subi le même sort, pris à partie par les joueurs algériens qui contestaient notamment un penalty non sifflé pour une main présumée. Des altercations ont également opposé sur le terrain le gardien algérien Luca Zidane à des joueurs nigérians.
Au-delà du terrain, la sécurité a dû contenir des supporters algériens tentant d’envahir la pelouse et jetant des projectiles. L’épisode le plus surprenant reste la bagarre générale en zone mixte entre journalistes algériens et marocains, nécessitant l’intervention des services de sécurité et ternissant gravement l’image professionnelle de la couverture médiatique. Ces événements cumulés posent une question fondamentale sur la capacité des instances à protéger leurs officiels et à garantir le déroulement serein de leurs compétitions phares.
Dans sa communication, la CAF a condamné avec « la plus grande fermeté » ces comportements, rappelant que toute attitude contraire aux standards de professionnalisme serait sanctionnée. Cette réaction, jugée tardive par certains observeurs, intervient près de 48 heures après les faits. Elle fait face à la contre-offensive de la Fédération algérienne, qui estime que les décisions arbitrales « ont porté atteinte à la crédibilité de l’arbitrage africain ». L’enquête de la CAF devra donc naviguer entre la sanction nécessaire des violences et l’examen technique des griefs liés à l’arbitrage, un exercice particulièrement périlleux.



