À un mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, les seize sélections qualifiées multiplient les matchs amicaux pour roder leurs mécanismes. Le Maroc, pays hôte, accueillera la compétition du 17 mars au 3 avril 2026, avec un plateau élargi pour la première fois à seize équipes. Cette fenêtre internationale de mars constitue le dernier véritable test avant l’entrée en lice des favorites.
Du côté de Rabat, les Lionnes de l’Atlas affrontent le Burkina Faso à deux reprises, sous l’œil attentif de leur staff technique qui cherche à stabiliser un onze type. Plus à l’est, le choc des géants ouest-africains se prépare : le Nigeria et le Cameroun se livrent une double confrontation à Yaoundé, un classique du football féminin continental. L’Algérie, elle, se frotte à l’Égypte au Caire, tandis que la Côte d’Ivoire enchaîne face au Bénin puis au Kenya à Abidjan.
Cette effervescence précompétitive s’explique par l’enjeu stratégique du rendez-vous marocain. Les sélectionneurs disposent de cette unique fenêtre FIFA pour ajuster leurs systèmes de jeu, tester des joueuses en situation réelle et affiner la cohésion collective. En Afrique australe, la COSAFA Cup sert également de laboratoire : l’Afrique du Sud et la Zambie, deux prétendantes au titre, disputent les demi-finales face à la Namibie et au Zimbabwe, après un parcours sans faute.
Le paysage footballistique féminin africain a profondément évolué depuis la dernière édition. L’élargissement à seize équipes, décidé par la CAF pour démocratiser l’accès à la phase finale, renforce la densité du tournoi. Le Maroc, fort de l’organisation de la CAN masculine en 2025, mise sur son expérience récente pour proposer une compétition exemplaire. Les stades Moulay El Hassan à Rabat, Al Madina à Casablanca, Larbi Zaouli et Fès accueilleront les rencontres.
La double confrontation entre le Nigeria et le Cameroun illustre l’intensité de cette préparation. Les Super Falcons, quintuples championnes d’Afrique, rassemblent leurs troupes progressivement entre Abuja et Yaoundé, avec l’ambition de lancer un signal fort à leurs concurrentes. En face, les Lionnes indomptables cherchent à retrouver leur place sur le toit du continent après plusieurs éditions en demi-teinte. Ces matchs, au-delà du simple test, permettent d’installer une dynamique psychologique avant l’entrée en lice dans un Groupe D relevé comprenant également le Ghana, le Mali et le Cap-Vert.
Au-delà des favoris historiques, plusieurs sélections entendent créer la surprise. Le Sénégal, dans le Groupe A aux côtés du Maroc, de l’Algérie et du Kenya, s’appuie sur une génération montante. La Zambie, demi-finaliste surprise des Jeux Olympiques, mise sur sa vitesse et sa percussion pour bousculer le Nigeria dans le Groupe C. L’Afrique du Sud, tenante du titre, devra confirmer sa suprématie dans un Groupe B dense face à la Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et à la Tanzanie. La phase de poules, disputée sur douze jours, promet son lot de surprises dans un football féminin africain en pleine mutation.



