La FIFA a dévoilé la liste officielle des arbitres qui officieront lors de la Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États‑Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet. Quatre arbitres marocains figurent parmi les 170 officiels sélectionnés, une présence remarquée qui place le Maroc en tête des nations africaines représentées. Jalal Jayed est retenu comme arbitre central, Mostafa Akarkad et Zakaria Brinsi comme arbitres assistants, tandis que Hamza El Fariq intégrera le pool de l’assistance vidéo (VAR).
Cette sélection porte à 170 le nombre total d’officiels pour cette édition, contre 129 lors du Mondial 2022 au Qatar. La FIFA justifie cet élargissement par la complexité accrue des matches et l’intégration massive de la technologie. Les arbitres retenus ont été suivis pendant trois ans, évalués lors de compétitions nationales et internationales, et ont participé à des séminaires spécifiques. Pierluigi Collina, patron de l’arbitrage à la FIFA, insiste sur la rigueur du processus : seuls les candidats ayant démontré une constance irréprochable ont été retenus.
Le Maroc confirme ainsi son émergence dans le domaine de l’arbitrage continental. Longtemps dominée par l’Afrique du Sud, le Sénégal ou l’Égypte, la région nord‑africaine voit le Maroc tirer son épingle du jeu grâce à une politique volontariste de formation et de détection menée par la Fédération royale marocaine de football. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à placer le pays au cœur des instances du football mondial, après les performances historiques de l’équipe nationale en 2022 et la candidature conjointe pour la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
À partir du 31 mai, les arbitres retenus intégreront un stage préparatoire de dix jours à Miami. Les arbitres centraux et assistants resteront sur place tout au long de la compétition, tandis que les arbitres vidéo seront basés à Dallas, où se trouvera le centre international de diffusion. La FIFA appliquera également les ajustements réglementaires validés en février par l’International Football Association Board, notamment ceux visant à fluidifier le jeu et à limiter les pertes de temps.
Parmi les innovations confirmées, le retour des caméras portatives pour arbitres, testées avec succès lors de la dernière Coupe du monde des clubs. Un logiciel de stabilisation basé sur l’intelligence artificielle permettra d’améliorer les images en temps réel, réduisant le flou lié aux déplacements rapides. Les supporters pourront ainsi visualiser le match du point de vue de l’arbitre, une immersion inédite qui modifie le rapport à la décision sur le terrain.
Cette présence marocaine renforcée ne doit pas occulter les défis persistants de l’arbitrage africain. Si la formation progresse, le manque de reconnaissance financière et institutionnelle reste criant sur le continent. Les arbitres africains, y compris les Marocains, sont souvent cantonnés à des rôles d’assistants ou de VAR, rarement désignés pour des matches à enjeu majeur. La performance de cette délégation sera scrutée : elle dira si l’Afrique peut désormais prétendre à une place égale dans la gouvernance technique du football mondial, ou si elle reste reléguée à un rôle d’exécutant technologique.



