Donald Trump a lancé un ultimatum de 48 heures à l’Iran, samedi 19 avril, exigeant la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz sous peine de représailles militaires massives. « Les États-Unis déchaîneront les enfers sur eux », a écrit le président américain sur Truth Social, réduisant drastiquement un précédent délai de dix jours annoncé fin mars.
L’ultimatum initial, fixé au 6 avril à 20 heures (heure de Washington), n’a pas produit l’effet escompté par la Maison Blanche. En l’absence de réouverture du détroit, voie par laquelle transite près de 20 % du pétrole brut mondial, Trump avait d’abord menacé de détruire les centrales électriques iraniennes. Désormais, il resserre l’étau à deux jours, sans préciser la nature exacte des frappes envisagées. Le ton apocalyptique employé, y compris une invocation religieuse inédite pour un chef d’État américain, signale une rupture dans la stratégie de pression maximale.
Le détroit d’Ormuz est bloqué par Téhéran depuis le début de la guerre à Gaza, en riposte au soutien américain à Israël. Cette fermeture asymétrique vise à étrangler les économies dépendantes du Golfe, tout en évitant un conflit ouvert avec Washington. Historiquement, les États-Unis ont déjà réagi à des menaces similaires sous George W. Bush et Barack Obama, mais jamais avec un délai aussi court. L’Iran, de son côté, a renforcé ses défenses côtières et multiplié les exercices militaires, anticipant une échéance qu’il juge désormais inévitable.
Qui contrôle le détroit d’Ormuz et les eaux territoriales du Golfe?

À moins de 48 heures, deux scénarios se dessinent. Soit Téhéran cède et rouvre le détroit, sauvant les apparences par une médiation de dernière minute avec un pays tiers comme Oman ou la Chine. Soit il maintient sa position, déclenchant une frappe américaine ciblée sur ses infrastructures énergétiques ou navales. Dans ce second cas, le risque d’embrasement régional est élevé : le Hezbollah libanais et les milices pro-iraniennes en Irak et au Yémen ont promis des représailles. Les cours du pétrole, déjà volatils, pourraient franchir le seuil des 150 dollars le baril.
Un ancien responsable du Pentagone, sous couvert d’anonymat, confie que l’état-major américain n’a pas été consulté sur ce nouvel ultimatum. « Trump agit seul, sans feuille de route opérationnelle. 48 heures, c’est irréaliste pour déployer une frappe propre », explique-t-il. Du côté iranien, le guide suprême Ali Khamenei a réuni d’urgence le Conseil suprême de sécurité nationale. Selon une source proche du régime, deux options sont sur la table : une ouverture symbolique du détroit pour gagner du temps, ou une surenchère militaire pour tester la crédibilité de Trump.
Ce bras de fer éclair révèle surtout la fragilité de la diplomatie américaine post-accord nucléaire. En se privant de tout canal de discussion direct avec Téhéran depuis 2018, Washington n’a plus que la menace immédiate comme outil. L’Europe et les pays du Golfe, pris de court, tentent une médiation in extremis. Mais avec 48 heures, la marge est quasi nulle. Reste une inconnue : Trump appliquera-t-il sa menace si l’Iran cède au dernier moment ? L’histoire des ultimatums présidentiels américains montre que la bluff n’a jamais été exclue. Sauf qu’ici, l’enjeu n’est plus la crédibilité d’un homme, mais la stabilité d’une région.



