Les négociations directes entre les États Unis et l’Iran, organisées ce week end à Islamabad sous médiation pakistanaise, se sont soldées par un échec. Aucun accord n’a été trouvé au terme de plus de vingt heures de discussions, jetant une ombre sérieuse sur le maintien de la trêve de deux semaines conclue mercredi, dont l’échéance est fixée au 22 avril.
Aucune déclaration officielle n’est venue clarifier le sort de ce cessez le feu. Le vice président américain JD Vance, présent à Islamabad, a affirmé avoir soumis ce qu’il a présenté comme « l’offre finale et la meilleure possible ». Il a regretté, lors d’une brève conférence de presse, l’absence de « promesse ferme » de Téhéran concernant l’abandon de son programme d’armement nucléaire. Il a toutefois accordé un délai supplémentaire à l’Iran pour examiner la proposition américaine. En face, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a fustigé sur X des États Unis « incapables » de gagner la confiance de son pays.
Ces pourparlers étaient historiques : ils marquaient la première réunion en personne à un si haut niveau entre les deux ennemis depuis près de cinquante ans et la Révolution islamique de 1979. La méfiance mutuelle reste le socle de cette relation. La télévision d’État iranienne a immédiatement imputé l’échec aux « demandes déraisonnables » américaines, tandis que le porte parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a évoqué « une atmosphère de suspicion et de méfiance » et « la complexité des problèmes et des conditions entourant les négociations ».
Le Pakistan, médiateur dans ce dossier, a appelé les deux parties à respecter la trêve jusqu’à son terme prévu le 22 avril. Mais l’absence d’engagement clair de Téhéran et la rigidité affichée par Washington laissent présager deux scénarios : soit une prolongation sous pression diplomatique intense, soit une reprise des hostilités. Le vice président Vance a laissé une porte entrouverte en accordant du temps à l’Iran, mais sans garantie d’un retour à la table. La fenêtre de tir diplomatique se referme rapidement.
Contrairement à ce que certains observateurs espéraient, Téhéran n’a jamais cru à une issue rapide. « Il était évident dès le départ que nous ne devions pas nous attendre à atteindre un accord en une seule session. Personne ne s’y attendait », a souligné le porte parole Baqaei. Cette position révèle une stratégie iranienne de temporisation, visant à ne rien concéder sans pression maximale. Par ailleurs, en six semaines de conflit régional élargi, la guerre au Moyen Orient a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Israël, de son côté, a précisé que le Liban, où il combat le Hezbollah, n’est pas inclus dans l’accord de cessez le feu, ajoutant une couche de complexité à une région déjà à vif.



