L’Égypte a signé un nouvel accord de prêt de 170 millions de dollars avec la Banque africaine de développement (BAD). Ce financement constitue la deuxième phase d’un programme visant explicitement à soutenir le secteur privé et la diversification économique du pays, deux piliers jugés critiques pour la stabilité future de la première économie africaine.
Concrètement, ces fonds sont destinés au soutien budgétaire de l’État égyptien. Ils sont conditionnés à l’accélération de réformes structurelles spécifiques, dont la nature exacte n’est pas détaillée dans l’annonce officielle mais qui ciblent traditionnellement l’amélioration du climat des affaires, la gouvernance des entreprises publiques et la simplification des procédures administratives. L’accord inclut également une subvention additionnelle de 400 000 dollars pour renforcer la durabilité de la station d’épuration d’Abou Rawash, un projet d’infrastructure crucial pour la région du Grand Caire.
Cette transaction s’inscrit dans un contexte macroéconomique égyptien extrêmement tendu, marqué par une inflation galopante, une pression continue sur la livre égyptienne et une dette extérieure considérable. Depuis 2022, Le Caire multiplie les accords avec des bailleurs de fonds internationaux comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et désormais la BAD, pour stabiliser ses finances, attirer des investissements étrangers et répondre à une crise de devises chronique. Ce prêt fait suite à une première tranche de 131 millions de dollars approuvée par la BAD fin 2024 pour le même programme, illustrant un accompagnement étalé dans le temps.
Les perspectives liées à cet accord sont directement indexées à la capacité du gouvernement égyptien à mettre en œuvre les réformes promises avec célérité et profondeur. La BAD et les autres partenaires financiers surveilleront de près les indicateurs de libéralisation et de compétitivité. L’enjeu est de taille : réussir à orienter davantage de capitaux, nationaux et internationaux, vers le secteur manufacturier et les exportations non traditionnelles (hors hydrocarbures et tourisme) pour générer une croissance plus inclusive et créer des emplois, dans un pays où la population jeune est majoritaire.
Le ministère égyptien du Développement économique a profité de cette annonce pour rappeler l’existence d’un vaste plan de financement concessionnel de 9,5 milliards de dollars conclu avec la BAD pour la période 2023-2026. Ce cadre global dépasse le seul soutien budgétaire et couvre des projets sectoriels dans les énergies renouvelables, l’agriculture et les transports. Cela souligne le rôle stratégique de la BAD, non seulement comme prêteur de dernier recours, mais aussi comme partenaire de développement à long terme pour l’Égypte.
Toutefois, des analystes pointent le défi récurrent de la traduction effective des engagements de réforme sur le terrain. Les lourdeurs bureaucratiques, les intérêts acquis de certains acteurs économiques étatiques et un système judiciaire commercial parfois opaque constituent des obstacles persistants. La réussite de ce programme dépendra donc moins de la signature de l’accord que de la volonté politique réelle de transformer l’environnement économique pour le secteur privé, qui reste le principal moteur d’emplois mais se heurte encore à de nombreuses barrières.



