Face à la montée des tensions militaires au Moyen-Orient, le ministère marocain des Affaires étrangères a activé, dimanche soir, une cellule de crise dédiée à la protection de ses ressortissants. L’objectif est clair : répondre à l’urgence et aux préoccupations des Marocains établis dans une région désormais en état d’alerte maximal. Dans un communiqué officiel, Rabat annonce la mise à disposition de numéros d’urgence et appelle ses citoyens à la plus grande vigilance.
Concrètement, cette cellule de crise, pilotée par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a pour mission de faciliter la communication avec la diaspora. Des lignes téléphoniques directes ont été ouvertes, tant au niveau central du ministère qu’au sein des ambassades du Royaume en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis, au Bahreïn, au Qatar, au Koweït et en Jordanie. Au-delà du simple recensement, il s’agit de fournir une assistance immédiate et de guider les ressortissants face à une situation sécuritaire qui se dégrade rapidement. Les autorités marocaines insistent sur la nécessité pour leurs citoyens de se conformer strictement aux instructions émises par les pays d’accueil.
Cette activation s’inscrit dans un contexte de condamnation ferme et sans ambiguïté de Rabat. Samedi, le Royaume a dénoncé avec virulence les attaques de missiles iraniens visant plusieurs États du Golfe. Dans son communiqué, le ministère qualifie ces tirs de « violation flagrante de la souveraineté nationale » et de « menace directe à la stabilité de la région ». En prenant clairement position aux côtés des monarchies du Golfe, le Maroc réaffirme un axe diplomatique solide, bâti sur des décennies de coopération étroite et de soutien mutuel, notamment sur la question de l’intégrité territoriale du Royaume.
Sur le plan des perspectives, Rabat ne se contente pas d’une simple réaction administrative et diplomatique. Le roi Mohammed VI a personnellement pris les choses en main en multipliant les appels téléphoniques avec plusieurs dirigeants arabes. Au cours de ces échanges, le Souverain a réitéré la « ferme condamnation » du Royaume contre ces « agressions abjectes ». Cette implication directe du Palais Royal signale que le Maroc se positionne déjà comme un acteur clé pour les discussions à venir, cherchant sans doute à jouer un rôle de médiation ou de stabilisation dans un conflit qui menace de s’élargir.
Cette crise met en lumière la vulnérabilité de la diaspora marocaine, estimée à plusieurs milliers de personnes dans la région du Golfe, un espace vital pour les investissements et les transferts de fonds. Si la cellule de crise répond à un impératif humanitaire immédiat, elle soulève également des questions sur la capacité du Royaume à assurer la sécurité de ses citoyens à l’étranger en cas de conflit prolongé. En attendant, Rabat conjugue fermeté diplomatique et prudence sécuritaire, une ligne de crête délicate alors que les poudres menacent de s’enflammer entre Téhéran et les capitales arabes.



