Le président américain Donald Trump a ordonné le retrait immédiat des États-Unis de soixante six organisations, conventions et traités internationaux, un geste unilatéral majeur qui inclut plusieurs instances onusiennes dédiées au continent africain. Cette décision, formalisée par un mémorandum présidentiel daté du 7 janvier 2026, définit ces engagements comme contraires aux intérêts nationaux américains et impose leur abandon sans délai.
Parmi les entités directement concernées par ce désengagement figurent en bonne place des piliers du système des Nations Unies opérant en Afrique. Washington quitte ainsi la Commission économique pour l’Afrique, le Bureau du conseiller spécial des Nations Unies pour l’Afrique et le Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine. Le retrait s’étend également à trente cinq organisations hors ONU, dont des acteurs majeurs de la gouvernance mondiale comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ou l’Agence internationale pour les énergies renouvelables.
Cette vague de retraits s’inscrit dans la continuité d’une politique étrangère américaine résolument tournée vers le “America First”, approfondissant une tendance amorcée lors du premier mandat de Donald Trump. Elle fait suite à un examen exhaustif ordonné par le décret présidentiel 14199 de février 2025, qui chargeait le département d’État d’auditer l’ensemble des engagements multilatéraux des États-Unis. Cette démarche systématique marque une accélération et une radicalisation du désengagement américain des arènes de coopération internationale.
Les implications de cette décision pour l’Afrique et la gouvernance mondiale sont potentiellement profondes. À court terme, elle prive plusieurs institutions clés d’un financement et d’un poids politique critiques. À plus long terme, elle risque de fragiliser l’architecture multilatérale existante et pourrait inciter d’autres nations à revoir leurs propres engagements. Le mémorandum laisse explicitement la porte ouverte à des retraits supplémentaires, signalant que cette liste pourrait n’être qu’une première étape dans un réajustement fondamental de la posture internationale américaine.
Les retraits s’étendent à des agences onusiennes aux mandats globaux, telles qu’ONU Femmes, le Fonds des Nations Unies pour la population ou la Convention cadre sur les changements climatiques, démontrant que la logique dépasse le seul prisme africain. L’inclusion d’organisations techniques comme l’Union internationale pour la conservation de la nature suggère une remise en cause large de la coopération transnationale, y compris sur des enjeux scientifiques et environnementaux perçus comme universels.
La méthode et le calendrier de mise en œuvre restent à préciser par les agences fédérales, sous la supervision du secrétaire d’État. Cette sortie rapide et simultanée de dizaines d’instances pose d’immenses défis logistiques et juridiques. Elle interroge également sur la future capacité des États Unis à influencer les normes et les débats internationaux depuis l’extérieur de ces enceintes, notamment sur un continent africain où la compétition géopolitique avec la Chine et la Russie ne cesse de s’intensifier.
Cette décision historique consacre une rupture stratégique avec plusieurs décennies de leadership américain dans le système multilatéral post Seconde Guerre mondiale. Elle place les partenaires de Washington, en Afrique et ailleurs, devant un dilemme : tenter de maintenir ces institutions sans leur principal contributeur, en cherchant d’autres financements et alliances, ou acter un affaiblissement durable de la coopération internationale sur des dossiers aussi cruciaux que le développement économique, le changement climatique et les droits humains.



