Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, une opération militaire américaine d’une ampleur inédite a secoué Caracas, conduisant à la capture et à l’extradition hors du pays du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse. Le président américain Donald Trump a lui-même confirmé cette action « de grande envergure » sur son réseau social Truth Social, annonçant qu’ils avaient été « capturés et évacués du pays » en coordination avec les forces de l’ordre américaines. Le gouvernement vénézuélien, dans la foulée, a dénoncé une « attaque impérialiste » et appelé sa population à descendre dans la rue, tandis que la vice-présidente Delcy Rodríguez, apparaissant à la télévision d’État, a déclaré ignorer où se trouvait le chef de l’État et exigé une « preuve de vie ».
L’opération, toujours enveloppée de nombreux mystères quant à son exécution précise, a débuté aux alentours de deux heures du matin par une série d’au moins sept explosions et le survol de la capitale par des aéronefs à basse altitude. Les autorités vénézuéliennes affirment que des installations civiles et militaires ont été visées. Si le bilan humain n’est pas encore connu, les images de Caracas montrent des rues désertes dans certains quartiers et des coupures de courant dans d’autres, quelques heures après l’attaque. Du côté américain, l’Attorney General Pamela Bondi a immédiatement précisé que Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores allaient affronter « toute la rigueur de la justice américaine sur le sol américain » pour des charges liées au trafic de drogue et au terrorisme.
Cette frappe spectaculaire n’est pas un événement isolé. Elle constitue l’apogée d’une campagne de pression intense menée par l’administration Trump contre le régime de Maduro. Depuis septembre 2025, les États-Unis avaient initié des frappes en mer contre des navires suspectés de transporter de la drogue. La tension avait encore monté d’un cran la semaine dernière avec une frappe de drone de la CIA sur le sol vénézuélien, visant une zone de mouillage liée à des cartels de la drogue. Washington justifie son offensive par des accusations de « narco-terrorisme » portées depuis des années contre le président vénézuélien, qu’il considère comme illégitime depuis des élections controversées en 2024. Maduro, de son côté, dénonçait régulièrement ces actions comme une tentative déguisée de le renverser pour s’emparer des vastes réserves pétrolières du pays.
Les perspectives pour le Venezuela sont désormais extrêmement incertaines. Le gouvernement, dirigé par la vice-présidente Rodríguez, a déclaré « l’état de perturbation externe », un dispositif d’urgence qui suspend certaines libertés et renforce les pouvoirs des forces armées. L’appel à la mobilisation populaire lance un défi de taille : la capacité du régime à organiser une résistance unie en l’absence de son leader historique. Sur la scène internationale, cette intervention directe d’une puissance étrangère pour extraire un chef d’État en exercice est un cas de figure extrêmement rare qui suscitera inévitablement des réactions vives, en particulier en Amérique latine et parmi les pays traditionnellement critiques envers la politique étrangère américaine. L’annonce par Donald Trump d’une conférence de presse et la promesse de « détails à venir » laissent présager une nouvelle phase de communication agressive de la Maison-Blanche.
Alors que le choc est encore vif, plusieurs éléments viennent déjà nuancer le tableau et soulèvent des questions cruciales. D’une part, des voix au sein même de l’establishment américain ont exprimé des réserves. Le sénateur républicain Mike Lee, après un appel avec le secrétaire d’État Marco Rubio, a rapporté que ce dernier anticipait « aucune autre action au Venezuela maintenant que Maduro est en détention américaine », suggérant que l’opération militaire était terminée. D’autre part, la situation sur le terrain à Caracas semble contrastée : si des miliciens armés sont apparus dans des bastions du parti au pouvoir, d’autres quartiers de la capitale sont demeurés calmes. Enfin, l’ironie de la chronologie ne peut être ignorée : à la veille de cette attaque, le gouvernement vénézuélien s’était dit ouvert à des négociations avec les États-Unis sur la lutte antidrogue, une ouverture balayée en quelques heures par la force militaire.
Au-delà de l’acte militaire, cet événement pose une question fondamentale de droit international et de souveraineté. Les États-Unis, en agissant unilatéralement, ont fait le choix de trancher par la force un différend politique qu’ils n’ont cessé de dénoncer. Les déclarations triomphantes de responsables américains, comme celle du sous-secrétaire d’État Christopher Landau saluant « une nouvelle aube » et la chute du « tyran », illustrent une volonté assumée de remodeler le paysage politique vénézuélien. Cette approche fait peser un risque sérieux d’instabilité prolongée non seulement au Venezuela, un pays déjà profondément divisé et en crise économique, mais aussi dans toute la région. L’extraction de Maduro ouvre un vide de pouvoir que différentes factions, au sein du chavisme comme de l’opposition, vont tenter de combler, avec le danger évident de conflits internes exacerbés par l’ingérence étrangère.



