Un nouvel enlèvement massif de marins par des pirates a frappé le golfe de Guinée. Dans la nuit du 11 janvier, un chalutier battant pavillon gabonais, l’IB Fish 7, a été attaqué à une quinzaine de kilomètres des côtes. Neuf membres d’équipage, cinq Chinois et quatre Indonésiens, ont été capturés par leurs assaillants et emmenés.
L’attaque a été menée par trois individus armés alors que le navire pratiquait la pêche au large d’Ekwata, au sud-ouest de Libreville. Six autres marins, de nationalités indonésienne, chinoise et burkinabè, sont restés à bord. Les autorités gabonaises ont par la suite localisé le chalutier et l’ont escorté jusqu’au port de la capitale. Le parquet de Libreville a ouvert une enquête.
Ce drame s’inscrit dans un contexte régional d’insécurité maritime chronique, bien qu’en nette amélioration ces dernières années. Le golfe de Guinée, carrefour stratégique pour le transport d’hydrocarbures, a longtemps été l’épicentre mondial de la piraterie. Une attaque similaire avait déjà visé un chalutier au large de Libreville en février 2025, entraînant l’enlèvement de trois marins. Après cet incident, les autorités françaises avaient recommandé d’éviter la navigation de plaisance dans la zone.
Les perspectives immédiates se concentrent sur le sort des neuf otages et les négociations pour leur libération, processus souvent long et opaque. Cet événement rappelle avec force que la menace pirate, bien qu’atténuée, reste une réalité persistante. Il pourrait conduire à un renforcement temporaire des patrouilles navales et à de nouvelles mises en garde pour les navires évoluant dans la région.
Selon le dernier rapport annuel du MICA Center, centre d’analyse maritime basé à Brest, la tendance globale dans le golfe de Guinée reste à la baisse. L’organisme recensait 26 événements de piraterie et de brigandage pour l’année 2024. Cette diminution est le fruit des efforts coordonnés des marines côtières et de partenaires internationaux.
Cependant, comme le démontre cette nouvelle attaque, la vulnérabilité des navires de pêche, souvent moins protégés que les grands cargos, reste élevée. Leurs équipages multinationaux, comme celui de l’IB Fish 7, sont des cibles privilégiées pour des raisons économiques. Cet enlèvement met également en lumière la complexité des réponses judiciaires et diplomatiques, impliquant plusieurs pays dont les ressortissants sont victimes.



