L’ancien ministre ghanéen des Finances, Kenneth Ofori-Atta, a été arrêté et est actuellement détenu aux États-Unis par les services de l’immigration (ICE). Ses avocats ont confirmé cette information dans la nuit du 7 au 8 janvier 2026. Cette détention pourrait précipiter son expulsion vers le Ghana, où il est formellement poursuivi pour de multiples chefs d’accusation de corruption liés à son mandat de 2017 à 2024.
Selon ses défenseurs, l’arrestation interviendrait en raison d’un problème lié au statut de son séjour sur le territoire américain. Kenneth Ofori-Atta résidait aux États-Unis depuis janvier 2025 officiellement pour y suivre un traitement médical. Il est actuellement incarcéré dans un centre de l’ICE en Virginie. Cette situation administrative ouvre la voie à une procédure d’expulsion, laquelle le ramènerait directement sous le coup de la justice ghanéenne.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de grave crise économique et de vaste campagne de lutte contre la corruption au Ghana. Kenneth Ofori-Atta, pilier de l’administration de l’ancien président Nana Akufo-Addo, a dirigé le ministère des Finances durant une période marquée par une dette publique explosive, une inflation galopante et le recours à un plan de sauvetage du FMI. Désigné comme fugitif par Accra, il est inculpé depuis novembre 2025 par le bureau du procureur spécial ghanéen. Les accusations portent sur des détournements de fonds et des malversations ayant causé, selon l’acte d’accusation, des pertes financières considérables à l’État.
La perspective immédiate est une probable expulsion vers le Ghana. Sur place, l’ancien ministre devra faire face à la justice et répondre de 28 chefs d’accusation distincts. Ce retour, s’il se concrétise, constituerait un test majeur pour l’indépendance et l’efficacité du système judiciaire ghanéen, souvent critiqué pour sa clémence envers les anciennes élites. Cela marquerait également un tournant dans la gestion des dossiers de corruption à haut niveau, en envoyant un signal fort sur la fin supposée de l’impunité.
L’arrestation sur le sol américain ajoute une dimension internationale complexe à cette affaire. Elle met en lumière les procédures de coopération, ou leur absence, entre les autorités ghanéennes et américaines en matière de lutte contre la corruption et de gestion des fugitifs. Les observateurs s’interrogent sur les motivations réelles de ce déplacement médical de longue durée et sur le moment choisi pour cette intervention de l’ICE, soulevant des questions sur d’éventuelles pressions diplomatiques ou des investigations parallèles menées par les États-Unis.
Au-delà du cas individuel, cette séquence est analysée comme un révélateur des tensions politiques persistantes au Ghana. L’ancien ministre, très proche de l’ex-président Akufo-Addo, incarne une ère économique controversée. Son éventuel procès pourrait rouvrir des débats sensibles sur la responsabilité de l’ancienne équipe au pouvoir dans la crise actuelle et influencer le climat politique à l’approche des prochains scrutins. L’issue de cette affaire sera donc scrutée tant pour ses implications judiciaires que pour son impact sur l’équilibre des forces dans le pays.



