La Cour suprême de Guinée a confirmé, dimanche 5 janvier au soir, la victoire de Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre. Le chef de la transition est crédité de 86,72 % des suffrages et déclaré élu dès le premier tour pour un mandat de sept ans. Cette validation met fin au processus électoral, organisé dans un climat politique tendu et marqué par une faible participation de l’opposition.
Sans réelle surprise, la plus haute juridiction du pays a entériné des résultats largement annoncés à l’avance. Mamadi Doumbouya, candidat indépendant, s’est imposé face à des adversaires peu connus du grand public, dans une élection boycottée par les principaux partis d’opposition, dont plusieurs figures avaient été exclues du processus. Le président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a estimé que le candidat arrivé en tête avait obtenu le plus grand nombre de suffrages requis pour une élection dès le premier tour.
Ce scrutin s’inscrit dans la continuité de la transition ouverte après le coup d’État de septembre 2021, qui avait porté le général Doumbouya au pouvoir. Depuis, les autorités de transition avaient promis un retour à l’ordre constitutionnel, sous la pression d’acteurs nationaux et internationaux. Le calendrier électoral, souvent réajusté, avait déjà suscité de fortes tensions avec l’opposition et une partie de la société civile.
Dans sa première adresse à la nation après la proclamation officielle des résultats, Mamadi Doumbouya a appelé les Guinéens au rassemblement pour bâtir une Guinée qu’il dit fondée sur la souveraineté politique et économique. Il a salué le calme du scrutin et affirmé que la confiance exprimée par les électeurs renforçait son obligation de résultats. Un discours qui se veut rassembleur, dans un pays profondément divisé par les conditions du retour au pouvoir civil.
Parmi les candidats en lice, Ibrahima Abé Sylla, de la Nouvelle Génération pour la République, a félicité le vainqueur et appelé à l’unité nationale autour d’un programme de développement socio-économique. Même tonalité chez Sidibé Ousmane, cadre du Rassemblement des Guinéens pour la prospérité, qui a estimé que cette élection consacrait une dynamique démocratique et un esprit républicain partagé par les candidats, une lecture qui contraste avec celle de l’opposition absente du scrutin.
Sur le plan diplomatique, les réactions n’ont pas tardé. Le président français Emmanuel Macron a appelé Mamadi Doumbouya pour le féliciter, saluant une étape décisive vers l’achèvement de la transition guinéenne. Pékin s’est également positionné rapidement, le président chinois Xi Jinping exprimant sa volonté de renforcer le partenariat stratégique complet entre la Chine et la Guinée. Ces messages traduisent une reconnaissance internationale rapide, malgré les critiques persistantes sur l’inclusivité et la crédibilité du processus électoral.



