L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique qualifiant la traite transatlantique des Africains et l’esclavage racialisé de « crime le plus grave contre l’humanité ». Une décision immédiatement saluée par le président ghanéen, John Dramani Mahama, qui y voit une reconnaissance internationale sans précédent de l’ampleur systémique de ces crimes. Dans un message publié sur son compte Facebook, le chef de l’État a souligné que cette avancée, portée par une coalition africaine et caribéenne, constitue un hommage solennel aux millions de victimes de cette déshumanisation organisée.
Au-delà de la portée symbolique, la résolution onusienne marque un changement de langage dans les instances multilatérales habituellement réticentes à qualifier juridiquement des faits historiques. John Mahama a mis en avant le rôle décisif de l’Union africaine et de la Communauté des Caraïbes, qui ont fait bloc pour imposer ce texte sur la scène internationale. Selon lui, cette mobilisation illustre la capacité des États africains et de la diaspora à porter une mémoire commune au plus haut niveau diplomatique. Le président ghanéen a également rappelé que cette reconnaissance ne saurait être une simple déclaration de principe, mais qu’elle doit ouvrir la voie à des actes concrets.
Cette résolution intervient dans un contexte où les débats sur la mémoire de l’esclavage et les réparations prennent une ampleur nouvelle, tant en Afrique qu’en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Europe. Depuis plusieurs années, le Ghana s’est imposé comme l’une des voix les plus actives sur ce dossier, notamment à travers le programme « Year of Return » en 2019, qui avait mobilisé des milliers de descendants d’Africains déportés. L’insistance croissante des pays du Sud global pour faire reconnaître l’esclavage comme un crime contre l’humanité s’inscrit dans un mouvement plus large de révision des récits historiques dominants et de revendication de justice réparatrice.
L’adoption de cette résolution ne constitue pas une fin en soi, mais ouvre un nouveau front diplomatique. Si le texte pose un précédent juridique et moral, sa mise en œuvre effective reste à définir. John Mahama a lui-même appelé, lors d’une intervention récente à l’ONU, à dépasser le cadre symbolique pour soutenir des initiatives concrètes de justice réparatrice. Reste à savoir quelles suites les États membres donneront à cette déclaration : la question des réparations, de la restitution d’archives ou encore de la réécriture des programmes éducatifs pourrait désormais s’inviter avec davantage de légitimité dans les enceintes internationales.
En s’appuyant sur la figure de Toussaint Louverture, le président ghanéen a martelé un principe devenu central dans sa rhétorique diplomatique : l’unité comme arme principale contre l’oppression. « La plus grande arme contre l’oppression est l’unité », a-t-il cité, avant d’appeler à maintenir la solidarité internationale nouée autour de ce texte. Ce faisant, Mahama lie explicitement la reconnaissance historique à une exigence politique contemporaine : celle de transformer la mémoire collective en levier d’action, afin que la dignité des victimes ne reste pas un hommage abstrait.



