Les services de police antiterroristes du Kenya ont annoncé, jeudi, avoir déjoué un attentat de grande ampleur planifié par des militants d’Al Shabab à Nairobi. Le complot visait à faire de nombreuses victimes pendant le mois sacré du Ramadan, une période hautement symbolique pour les groupes djihadistes. L’opération, fruit de plusieurs mois de surveillance, a permis d’intercepter des suspects actifs dans les camps de réfugiés de Dadaab, dans le nord-est du pays.
Selon le communiqué officiel, les suspects envisageaient non seulement des attaques meurtrières, mais aussi l’enlèvement d’étrangers et le détournement de véhicules pour exécuter leurs actions. Les perquisitions menées par les forces de sécurité ont conduit à la saisie d’un arsenal conséquent : pistolets, grenades, explosifs, ainsi que de la drogue. Ces éléments devaient servir à frapper des zones sensibles de la capitale kényane.
Ce démantèlement s’inscrit dans un contexte de menace persistante d’Al Shabab, le groupe somalien lié à Al Qaïda, qui a multiplié les incursions et attentats au Kenya depuis son intervention militaire en Somalie en 2011. Les camps de réfugiés de Dadaab, où vivent des centaines de milliers de Somaliens, ont souvent été pointés du doigt comme des zones de recrutement ou de transit pour les combattants islamistes, malgré les efforts de Nairobi pour en renforcer le contrôle.
Les autorités kényanes assurent que la situation est sous contrôle et que Nairobi reste une ville sûre. Elles affirment poursuivre sans relâche les opérations de renseignement et de surveillance pour traquer les terroristes et leurs complices. L’objectif est d’anticiper toute nouvelle tentative de déstabilisation, alors que la menace reste diffuse et que les cellules dormantes sont difficiles à détecter.
Des enquêtes supplémentaires ont été ouvertes pour analyser les armes saisies et identifier d’éventuels complices encore en liberté. Cette affaire rappelle, si besoin était, la vulnérabilité persistante du Kenya face à un terrorisme transnational qui s’adapte et mute. Elle soulève aussi la question de la sécurité dans les zones frontalières et de la coopération régionale indispensable pour endiguer l’influence d’Al Shabab dans la Corne de l’Afrique.



