Les États-Unis ont choisi le Maroc pour accueillir le premier centre de formation aux drones destiné aux armées africaines. L’annonce a été faite le 22 mars à Rome, lors du sommet des forces terrestres africaines, par le commandant des forces américaines en Europe et en Afrique. La phase pilote se déroulera dans le cadre de l’exercice militaire African Lion 2026, prévu du 20 avril au 8 mai dans le royaume.
Seize pays africains participeront à cette session initiale. Ils apprendront à intégrer des drones dans leurs opérations, sur quatre types d’appareils différents. L’objectif affiché est de transférer les techniques éprouvées par l’armée ukrainienne face à la Russie depuis plus de quatre ans. Washington envisage ensuite d’ouvrir d’autres centres régionaux sur le continent, avec le Maroc comme première étape.
Ce choix ne doit rien au hasard. Les relations entre Rabat et Washington se sont considérablement renforcées ces dernières années. En 2020, le Maroc a signé les accords d’Abraham, normalisant ses relations avec Israël, une décision soutenue par l’administration Trump. En janvier dernier, le royaume est devenu le premier pays africain à intégrer le « Conseil de la paix » créé par Donald Trump. Par ailleurs, Rabat est désormais le premier acheteur d’équipements militaires américains en Afrique, avec près de 7,5 milliards d’euros de contrats actifs.
Si les Américains n’ont pas précisé les modèles de drones qui seront utilisés, tout porte à croire qu’il s’agira d’engins légers, de moins de 25 kilos, volant à moins de 1000 mètres d’altitude, pour un coût de quelques milliers d’euros. Ces appareils, capables d’endommager gravement des blindés valant plusieurs millions, peuvent aussi servir à la collecte de renseignement ou au largage de munitions. À terme, cette initiative pourrait accélérer la diffusion des technologies de guerre asymétrique sur le continent, avec des conséquences majeures sur les équilibres militaires régionaux.
L’exercice African Lion, organisé chaque année par les forces américaines et marocaines, constitue déjà la plus grande manœuvre militaire conjointe en Afrique. En y intégrant une formation spécifique aux drones, Washington envoie un signal clair à ses partenaires africains : l’ère des conflits à basse altitude et à haute intensité technologique est déjà là. Pour le Maroc, cette nouvelle distinction renforce son positionnement comme interlocuteur incontournable des puissances occidentales sur le continent, mais aussi comme plaque tournante de la militarisation croissante du Sahel et du Sahara.



