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Une vue de Nouakchott la capitale de la Mauritanie
Une vue de Nouakchott la capitale de la Mauritanie

Mauritanie : l’arrestation de militants anti-esclavagistes met à l’épreuve la stratégie judiciaire de Nouakchott

Youssef El Assal 28 Feb 2026 Mauritanie, Politique 80 Lectures

Le 4 février 2026, l’ONG Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) a rendu public ce qu’elle présente comme un nouveau cas d’esclavage d’une enfant haratine de 11 ans par un couple d’enseignants à Nouakchott. Moins de trois semaines plus tard, six militants de l’IRA et deux lanceuses d’alerte sont en détention, et le parquet spécialisé a classé l’affaire sans suite, estimant que les preuves vidéo avaient été “fabriquées de toute pièce”. Cette séquence judiciaire rapide, officialisée le 15 février par l’Agence mauritanienne d’information , marque un tournant dans la gestion par l’État des dénonciations de l’esclavage. Elle oppose frontalement la légitimité du combat abolitionniste à la souveraineté d’une justice qui se veut désormais l’unique arbitre de la qualification de “crime contre l’humanité”.

Le parquet de la République près le Tribunal spécialisé dans la lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants a rendu sa décision le 15 février 2026. Après enquête, il a classé sans suite la plainte déposée par l’IRA concernant la mineure Nouha Mohamed, âgée de 11 ans .

Selon le communiqué officiel relayé par l’AMI, l’enquête préliminaire, supervisée par le commissariat spécialisé dans les mineurs, a conclu à “l’absence des éléments constitutifs du crime”. Les investigations se sont appuyées sur l’audition de la fillette, de sa mère, des suspects (un couple d’enseignants), des voisins et des connaissances. La justice a retenu que la fillette vivait avec cette famille à la demande de sa mère, qui ne pouvait assumer financièrement sa scolarité, et que son séjour de moins de trois mois n’avait révélé “aucune forme d’exploitation, de travail forcé ou de violence”.

Les autorités vont plus loin en accusant les plaignants de manipulation. Le parquet affirme que les photos et vidéos présentées par l’IRA comme preuves de l’esclavage ont été “fabriquées de toute pièce” : une image de l’enfant tirant un bidon d’eau de 20 litres aurait été mise en scène, de même qu’une photographie la montrant avec une marmite appartenant à un voisin. Des militants se seraient fait passer pour des agents de la société d’électricité pour pénétrer dans le domicile et prendre des clichés trompeurs .

Parallèlement, le mouvement IRA a été frappé. Six de ses membres ont été interpellés, ainsi que deux lanceuses d’alerte. Ils sont poursuivis pour “trouble à l’ordre public” et “diffusion de fausses informations” .

Cette décision de justice s’inscrit dans un contexte de durcissement apparent de l’appareil d’État face aux méthodes de l’IRA. Depuis plusieurs années, les autorités mauritaniennes tentent de trouver un équilibre entre la pression internationale pour l’éradication de l’esclavage et la préservation d’un équilibre social fragile, où les hiérarchies traditionnelles restent prégnantes.

Le gouvernement du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a mis l’accent sur une réponse institutionnelle et judiciaire au phénomène. En mars 2024, le Conseil des ministres a approuvé la création d’un Tribunal Spécialisé de lutte contre l’Esclavage, la Traite de Personnes et le Trafic de Migrants, officialisé par l’Assemblée nationale en septembre 2024 . Cette nouvelle juridiction, qui fusionne et professionnalise le traitement de ces infractions, vise à combler les lacunes constatées dans l’application de la loi de 2015.

La décision de classement sans suite dans l’affaire Nouha Mohamed est la première réponse publique de ce nouveau parquet spécialisé face à une alerte médiatisée de l’IRA. Elle intervient également quelques semaines seulement après la visite en Mauritanie de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les formes contemporaines d’esclavage. Celle-ci s’était déclarée “très impressionnée par l’engagement du Gouvernement” et les “grands progrès accomplis” . En disqualifiant la preuve apportée par l’IRA, Nouakchott envoie un signal clair : il entend contrôler le récit sur l’esclavage et réserver à ses propres institutions la qualification des faits, tout en répondant aux exigences de ses partenaires internationaux sur la forme.

Le gouvernement et son appareil judiciaire sortent renforcés dans l’immédiat. En utilisant le nouveau tribunal spécialisé, il oppose une fin de non-recevoir procédurale à l’IRA. Le parquet ne se contente pas de nier l’esclavage ; il contre-attaque en dénonçant une “manipulation” et en activant la qualification pénale contre les militants. La communication, très détaillée, vise à discréditer la méthode de l’ONG en la présentant comme une fabrique de faux pour déstabilisation politique.

L’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) se retrouve dans une position défensive. Son président, le député Biram Dah Abeid, dénonce une “répression systématique” et des conditions de détention difficiles pour ses camarades, évoquant la torture . Mais le mouvement est pris dans une contradiction : pour exister et alerter, il doit prouver l’esclavage là où il se cache, souvent dans la sphère domestique. Or, sa méthode – la mise en scène médiatique des victimes – devient l’argument principal de l’État pour le criminaliser. L’IRA perd ici la bataille de la qualification judiciaire, mais conserve sa capacité de mobilisation et de dénonciation sur la scène nationale et internationale.

La communauté haratine, dont est issue la petite Nouha Mohamed, reste l’arbitre silencieux de ce conflit. Si l’enquête officielle indique que la mère a confié sa fille “par incapacité financière”, cela met en lumière non pas l’absence d’esclavage, mais la précarité extrême qui maintient des milliers de familles dans des relations de dépendance économique. Selon l’IRA, la fillette, sa mère et ses quatre petites sœurs, dont un nourrisson, auraient été données en cadeau de mariage . L’État, en classant l’affaire, ne répond pas à cette accusation systémique.

La décision du parquet crée un précédent judiciaire immédiat. Elle établit que la diffusion de vidéos et de témoignages par l’IRA n’est plus considérée par la justice comme une preuve recevable, mais comme un acte potentiellement délictueux. Cela devrait contraindre les militants à modifier leurs méthodes d’alerte, sous peine de poursuites pénales accrues.
Sur le plan sécuritaire, la libération des six militants n’est pas à l’ordre du jour. Leur maintien en détention risque de cristalliser les tensions et pourrait provoquer des manifestations, que les autorités justifieraient par la nécessité de maintenir l’ordre face à des “fauteurs de trouble”.

Le nouveau Tribunal Spécialisé va devoir juger des affaires. Sa crédibilité se jouera sur sa capacité à traiter des dossiers où les liens d’allégeance traditionnelle ne sont pas toujours formalisés par la contrainte physique explicite, mais par la précarité économique et l’ascendant social. Si la jurisprudence du tribunal suit la logique de l’affaire Nouha Mohamed (exiger des preuves matérielles de séquestration et de violence, sans prendre en compte la dépendance structurelle), il pourrait vider la loi de 2015 de sa substance.

mauritanie 2026-02-28
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