Le groupe Dangote a publié un démenti catégorique face à des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux évoquant un arrêt de sa méga-raffinerie pour maintenance. L’entreprise nigériane affirme au contraire que son complexe industriel, l’un des plus grands au monde, fonctionne à pleine capacité et maintient une production stable d’essence.
Dans un communiqué détaillé, la Dangote Petroleum Refinery a précisé qu’elle était en mesure de produire et de fournir entre 40 et 50 millions de litres d’essence sans plomb (PMS) par jour, en fonction de la demande du marché nigérian. Pour illustrer son propos, la compagnie a révélé avoir produit exactement 50 millions de litres le 4 janvier, et en avoir écoulé 48 millions via son terminal maritime. Elle assure disposer de stocks couvrant plus de vingt jours de consommation nationale, garantissant ainsi la sécurité des approvisionnements.
Ce démenti intervient dans un contexte où la raffinerie, inaugurée avec les honneurs de l’État, est scrutée comme le symbole des ambitions d’autosuffisance énergétique du Nigéria. Le pays, premier producteur de pétrole d’Afrique, a paradoxalement dépendu pendant des décennies d’importations massives et coûteuses de produits pétroliers raffinés, grevant ses finances publiques et exposant sa population à des pénuries récurrentes. La mise en service de cette infrastructure, longtemps reportée, devait marquer un tournant stratégique.
La perspective centrale pour Dangote est désormais de conquérir et de stabiliser le marché national. La raffinerie encourage activement les distributeurs à se tourner vers sa production locale, qu’elle propose à un prix “départ usine” fixé à 699 nairas le litre. L’objectif affirmé est de faire baisser les prix à la pompe pour le consommateur final, de renforcer la stabilité du marché, et de préserver les réserves de change du pays en réduisant drastiquement les importations. Sa capacité à maintenir ce rythme et à répondre durablement à la demande domestique reste un enjeu économique majeur.
Techniquement, la raffinerie reconnaît mener des opérations de maintenance courantes sur certaines unités, comme l’unité de distillation (CDU) ou l’unité de craquage catalytique (RFCC). Cependant, elle souligne que la conception intégrée du complexe lui permet de maintenir la production globale sans interruption. D’autres unités critiques, telles que l’hydrocraqueur et le reformeur, restent pleinement opérationnelles pour produire du gazole et du kérosène, en plus de l’essence.
Pour appuyer ses affirmations, Dangote se réfère aux registres officiels de l’Autorité nigériane de régulation du secteur pétrolier (NMDPRA). L’entreprise déclare que ses volumes de chargement quotidiens, oscillant entre 31 et 48 millions de litres depuis la mi-décembre 2025, sont entièrement vérifiables auprès de cet organisme régulateur. Cette invocation d’une source étatique vise à donner un gage de transparence et à asseoir sa crédibilité face à la désinformation.
Au delà de la simple production, le discours de Dangote s’inscrit dans une campagne plus large pour promouvoir les produits raffinés localement, présentés comme “plus abordables, plus fiables et de meilleure qualité”. Le groupe place clairement son activité dans le cadre des objectifs nationaux de sécurité énergétique et de reprise économique. Le succès ou l’échec de cette entreprise pharaonique aura ainsi des répercussions directes sur l’économie réelle du Nigéria et sur la confiance des investisseurs dans les grands projets industriels africains.



