La biologiste nigériane Ibiagbani « Ibi » Max-Harry signe une avancée significative dans la compréhension du diabète. Ses travaux de thèse, menés aux États-Unis, ont mis en lumière le rôle protecteur jusqu’alors inconnu d’une protéine, la PTHrP, sur les cellules bêta du pancréas. Cette découverte, fondamentale pour la recherche, ouvre la voie à de potentielles nouvelles stratégies thérapeutiques contre le diabète de type 2.
Ces recherches ont permis de démontrer que la PTHrP protège les cellules bêta, responsables de la sécrétion d’insuline, contre le stress induit par un excès de sucre. Ce mécanisme est crucial car ce stress cellulaire est une caractéristique centrale du diabète de type 2. En allant plus loin, la scientifique a également observé chez la souris que cette même protéine pouvait améliorer la régulation endogène de l’insuline et la production de glucagon, offrant ainsi une perspective inédite pour aider les patients atteints de diabète de type 1 à mieux équilibrer leur glycémie. Si ces résultats sont préliminaires, ils posent les bases de ce qui pourrait devenir une nouvelle classe de médicaments.
Le parcours de Dr. Max-Harry illustre une trajectoire scientifique hors des sentiers battus. Native du Nigeria, elle grandit avec l’ambition de devenir médecin. C’est à l’université All Nations au Ghana, où elle s’inscrit en génie biomédical, que sa vocation se précise. Un cours de biologie moléculaire, explorant le rôle des acides nucléiques, agit comme un déclic. Sa formation d’ingénieur lui inculque une rigueur dans l’analyse des systèmes, tandis que la biologie lui fournit les outils pour explorer les mécanismes fondamentaux de la vie. Cette double compétence forge son approche unique, la menant à un doctorat en biologie moléculaire et cellulaire à l’université d’Ohio.
L’avenir de la recherche biomédicale en Afrique est au cœur des préoccupations de Dr. Max-Harry. Forte de son expérience, elle aspire à appliquer ses compétences sur le continent en y créant des structures capables de transformer les découvertes scientifiques en solutions concrètes pour les populations. Elle y voit un enjeu majeur pour aborder des problématiques de santé spécifiques, en y intégrant les outils les plus modernes, notamment l’intelligence artificielle. À ses yeux, le vivier de talents informatiques et scientifiques africains est une chance pour développer une recherche médicale de pointe, adaptée aux réalités locales.
Parallèlement à ses travaux en laboratoire, Dr. Max-Harry s’investit pleinement dans la transmission du savoir. Après avoir enseigné au prestigieux MIT, où elle a initié des centaines d’étudiants à la biologie et intégré l’IA comme outil pédagogique, elle est aujourd’hui éducatrice médicale chez PRIME Education. Sa mission y est de concevoir des programmes de formation pour les médecins américains spécialisés en endocrinologie. Cette passion pour l’enseignement se double d’un engagement fort pour le mentorat, en particulier auprès des jeunes scientifiques africains. Elle les encourage à viser l’excellence, rappelant que le talent et la capacité intellectuelle ne dépendent pas du lieu d’origine. Son parcours, de l’Afrique de l’Ouest aux plus grandes institutions américaines, en est la plus éloquente des démonstrations.



