Une centaine de militaires américains sont arrivés dans l’État de Bauchi, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé lundi 16 février le porte-parole du quartier général de la Défense nigérian. Ce déploiement marque une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre Abuja et Washington, alors que la lutte contre les groupes djihadistes s’intensifie dans la région.
Ces forces spéciales américaines n’ont pas pour mission de participer directement aux combats. Selon un communiqué du ministère nigérian de la Défense, leur rôle se limitera à des actions de formation, à un appui technique et au partage de renseignements avec les forces locales. Plusieurs avions de transport militaires américains avaient déjà été aperçus la semaine dernière, notamment à Maiduguri, la capitale de l’État voisin de Borno, épicentre de l’insurrection.
Abuja précise que cette arrivée fait suite à « une demande formelle » de son état-major, officiellement motivée par la nécessité de renforcer les capacités nigérianes face aux menaces terroristes. Ce renfort intervient deux mois après des frappes aériennes menées par les États-Unis dans le nord-ouest du pays. Ces opérations avaient été justifiées par l’administration Trump pour protéger les populations chrétiennes, que le président américain estimait victimes de violences ciblées, voire d’un risque de génocide. Des accusations qu’Abuja a toujours catégoriquement rejetées, insistant sur le caractère aveugle de la terreur jihadiste.
Sur le terrain, les experts en sécurité restent prudents quant à l’efficacité de ce type de partenariat. Si la logistique et le renseignement américains constituent un atout indéniable, ils rappellent que les violences dans le nord-est du Nigeria, perpétrées par Boko Haram et la branche ouest-africaine de l’État islamique (Iswap), frappent de manière indiscriminée les populations musulmanes et chrétiennes. L’approche américaine, très marquée par le prisme des persécutions religieuses, peut parfois entrer en dissonance avec la réalité complexe d’un conflit aux racines bien plus profondes.
Ce déploiement, dont le calendrier précis était attendu depuis l’annonce récente de l’envoi de 200 instructeurs, pourrait n’être qu’une première phase. Il reste à voir si cette coopération accrue parviendra à inverser le rapport de force sur le terrain, alors que l’armée nigériane, malgré des succès tactiques, peine toujours à éradiquer les sanctuaires jihadistes et à endiguer l’insécurité chronique qui paralyse le nord du pays.



