Le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, a conclu une visite officielle de deux jours à Ankara, où il a rencontré son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Cette rencontre, organisée dans l’urgence, survient alors que les troupes fédérales somaliennes font face à des difficultés sur le terrain contre les terroristes d’Al-Shabaab. Les discussions entre les deux chefs d’État ont principalement porté sur le renforcement de la coopération en matière de sécurité.
Lors de cet entretien, les deux présidents ont mis l’accent sur l’importance d’une collaboration accrue en matière de sécurité. La Somalie, engagée dans une guerre contre le groupe terroriste Al-Shabaab, bénéficie du soutien militaire de la Turquie, l’un de ses principaux partenaires dans ce domaine. Ce rapprochement se matérialise par des livraisons d’armement, dont deux drones de combat turcs arrivés la semaine dernière. Cet appui est d’autant plus crucial que les troupes somaliennes ont récemment perdu le contrôle de la ville de Masji Ali Gadud, récupérée par les terroristes après sa libération par l’armée somalienne il y a deux ans.
La visite du président somalien s’inscrit dans un contexte marqué par une intensification de la guerre contre Al-Shabaab. Cette organisation terroriste, active en Somalie depuis plus de dix ans, a fait des ravages dans plusieurs régions du pays. Pour contrer cette menace, la Somalie cherche des alliances stratégiques, notamment avec la Turquie, qui est devenue l’un de ses principaux fournisseurs d’armement. En février 2024, un accord de défense a été signé entre les deux pays, marquant un tournant dans leur coopération. La Turquie se positionne désormais comme un acteur clé dans le soutien militaire à la Somalie.
À moyen terme, l’intensification des livraisons d’armement turc pourrait avoir un impact direct sur l’efficacité de l’armée somalienne sur le terrain. La fourniture de drones de combat et d’autres équipements militaires pourrait permettre de mieux contrer les attaques d’Al-Shabaab, même si la bataille reste complexe. Cette coopération, si elle se poursuit et se renforce, pourrait également attirer d’autres pays africains intéressés par l’acquisition d’armements éprouvés en situation de guerre, comme l’explique Ahmed Abouyoussef, chercheur pour le centre Al Habtoor.
La Turquie, à travers ses ventes d’armements en Somalie, s’impose de plus en plus sur le marché de la défense en Afrique. Selon l’Institut international pour la paix de Stockholm, les ventes d’armements turcs ont été multipliées par six entre 2011 et 2023. Ce marché, hautement concurrentiel, voit les armes turques se distinguer par leur efficacité en temps de guerre. En Somalie, ces équipements sont testés sur le terrain, ce qui pourrait non seulement soutenir les forces de sécurité locales, mais aussi offrir à la Turquie de nouvelles opportunités de vente à d’autres pays africains confrontés à des menaces similaires.
Malgré l’aide étrangère, la Somalie reste confrontée à de nombreux défis dans sa lutte contre Al-Shabaab. Le soutien militaire de la Turquie et d’autres pays reste essentiel, mais la victoire sur le terrain dépendra avant tout de la capacité du gouvernement somalien à maintenir l’unité et la cohésion de ses forces armées, tout en résolvant les problèmes internes qui entravent l’efficacité de la lutte. La situation reste fluide, et le soutien extérieur, bien qu’important, ne garantit pas une victoire rapide.