Le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté de transition du Soudan, a effectué une visite officielle en Arabie saoudite, après avoir annoncé la prise de Khartoum par les forces armées soudanaises. Accueilli par le prince Saoud ben Micha’al à l’aéroport de Djeddah, cette rencontre marque une étape importante dans les relations bilatérales entre les deux pays. Les discussions ont permis de convenir de la création d’un conseil de coordination pour renforcer la coopération entre Riyad et Khartoum, une décision stratégique à un moment où le pays est plongé dans une grave guerre civile.
Au lendemain de l’annonce de la prise de Khartoum par les forces militaires soudanaises le 26 mars, al-Burhan a rencontré une délégation saoudienne à Khartoum pour discuter de la mise en œuvre de projets urgents, notamment dans les secteurs des services essentiels. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte où l’Arabie saoudite déploie des efforts significatifs pour soutenir la reconstruction du Soudan, durement touché par la guerre civile qui a défiguré le pays. L’objectif de cette coopération est de faciliter la reconstruction des infrastructures et d’assurer une stabilité durable dans la capitale soudanaise, après des mois de combats violents.
Depuis 2021, le Soudan est plongé dans un conflit interne de grande envergure, avec des luttes de pouvoir entre les forces militaires dirigées par al-Burhan et le paramilitaire Hemedti, à la tête des Forces de soutien rapide. Cette guerre civile a dévasté des régions entières du pays, entraînant des déplacements massifs de population et une crise humanitaire majeure. La prise de Khartoum par l’armée régulière est un tournant dans ce conflit, bien que les affrontements demeurent intenses. Dans ce contexte, le rôle de l’Arabie saoudite, en tant qu’acteur clé dans la région, apparaît crucial pour soutenir le processus de paix et la reconstruction.
La création d’un conseil de coordination bilatéral entre le Soudan et l’Arabie saoudite ouvre des perspectives intéressantes pour la coopération future. Ce partenariat pourrait notamment favoriser la reconstruction des infrastructures et la mise en place de projets de services urgents dans un Soudan dévasté par la guerre. L’Arabie saoudite, qui dispose de ressources financières importantes, pourrait jouer un rôle central dans la stabilisation du pays, en fournissant des aides humanitaires et en soutenant les efforts de réconciliation politique. Toutefois, la réussite de cette initiative dépendra des évolutions politiques internes au Soudan et des dynamiques régionales.
L’Arabie saoudite n’est pas seulement un acteur économique dans cette dynamique, elle incarne aussi un pilier stratégique pour le Soudan. Riyad, par le biais de son implication diplomatique et humanitaire, cherche à s’impliquer activement dans la reconstruction du Soudan, tout en sécurisant ses propres intérêts géopolitiques dans la région. À travers cette coopération, l’Arabie saoudite cherche à asseoir son influence dans un Soudan stable, tout en consolidant ses relations avec le gouvernement de transition qui, malgré sa fragilité, reste un interlocuteur clé dans la région.
Des analystes sur place soulignent que les attentes sont grandes concernant les résultats de cette coopération bilatérale. Pour les populations soudanaises, qui souffrent des conséquences immédiates du conflit, les actions concrètes en matière de reconstruction et de services de base seront un test important pour mesurer l’efficacité de l’intervention saoudienne. De plus, des voix critiques s’inquiètent du rôle des puissances étrangères dans la politique interne soudanaise, redoutant qu’une dépendance excessive vis-à-vis de l’Arabie saoudite n’entraîne des compromis sur la souveraineté nationale.