L’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) a lancé, le 28 août, une plateforme en ligne permettant aux citoyens tchadiens de dénoncer anonymement des faits de corruption. Accessible via le site www.ailc.td, cet outil vise à renforcer la transparence et à encourager la participation populaire dans la lutte contre ce fléau.
Ce nouveau site web s’ajoute au numéro vert 1222, déjà en service, qui permet aux citoyens de signaler directement des abus. Selon l’AILC, la plateforme garantit la confidentialité des informations transmises et cherche à réduire la peur de représailles qui freine souvent les dénonciations. Pour l’institution, chaque citoyen doit pouvoir contribuer à assainir la gestion publique.
La mise en place de cet outil s’inscrit dans la continuité des engagements du président Mahamat Idriss Déby Itno, qui avait fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de sa gouvernance. Créée en février 2025, l’AILC a pour mission de prévenir, réprimer et sensibiliser les agents de l’État aux conséquences judiciaires et administratives des détournements. Depuis son installation, elle a notamment récupéré des centaines de véhicules administratifs indûment accaparés par des fonctionnaires.
Si le lancement du site web est salué comme une avancée, plusieurs observateurs s’interrogent sur l’efficacité réelle du dispositif. La réussite de l’initiative dépendra de la capacité de l’AILC à traiter rapidement et efficacement les signalements, mais aussi à garantir l’indépendance de ses enquêtes dans un pays où la corruption est perçue comme endémique.
Pour Fatimé Soumaila, contrôleuse générale adjointe de l’AILC, « chaque citoyen a un rôle à jouer ». Ce discours s’adresse à une population souvent méfiante à l’égard des institutions publiques, mais qui subit directement les conséquences de la corruption dans l’accès aux services de base. L’adhésion populaire sera donc déterminante pour la crédibilité et l’efficacité du nouvel outil.
L’initiative, en soi, ne suffit pas à enrayer le phénomène. Les experts estiment que la réussite dépendra de la mise en place de poursuites judiciaires effectives et de sanctions exemplaires. Sans résultats visibles, ce site risque de rester un symbole de communication politique plus qu’un instrument de changement.