La Société internationale de transport africain par rail (Sitarail) franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa flotte. Quatre locomotives de dernière génération, de type GL 30, viennent d’être réceptionnées et seront prochainement mises en circulation sur l’axe ferroviaire vital reliant la Côte d’Ivoire au Burkina Faso. Le ministre burkinabè en charge de la Construction, Mikaïlou Sidibé, a pris part à la cérémonie officielle de réception de ces engins, soulignant l’importance stratégique de cet investissement pour les deux pays.
Ces nouveaux engins se distinguent par leur puissance et leur technologie embarquée. Avec une capacité d’environ 3 000 chevaux chacun, ils sont conçus pour améliorer significativement la traction des trains de marchandises et de voyageurs sur ce corridor. Au-delà de la puissance, ces locomotives intègrent des systèmes de contrôle numérique et des diagnostics embarqués, permettant un suivi en temps réel et une maintenance prédictive. Leurs équipements de sécurité ont également été actualisés pour répondre aux normes les plus récentes, un atout majeur pour la fiabilité des circulations.
Cet investissement, dont le montant est estimé à environ 7 milliards de francs CFA, s’inscrit dans un contexte de recherche d’efficacité accrue pour le corridor Abidjan-Ouagadougou. Artère économique essentielle pour les deux pays enclavés de l’hinterland, cette liaison ferroviaire a longtemps souffert de vétusté et de ruptures de charge. La modernisation du matériel roulant est un levier clé pour désenclaver le Burkina Faso et renforcer la compétitivité des échanges, face à une concurrence routière parfois plus souple mais aussi plus coûteuse et polluante.
À court terme, la mise en service de ces locomotives devrait se traduire par une amélioration de la régularité et des temps de parcours sur l’ensemble de la ligne. À plus long terme, elle prépare le terrain pour une augmentation des volumes de fret, répondant ainsi aux besoins croissants des importateurs et exportateurs burkinabè. Ce renouvellement de la flotte est un signal positif pour les opérateurs économiques, qui attendent de la Sitarail une fiabilité accrue pour écouler leurs productions ou acheminer leurs intrants.
Ce renouvellement de la flotte intervient alors que les deux États, actionnaires de la Sitarail aux côtés du groupe Bolloré (récemment repris par MSC), ne cessent de rappeler l’importance stratégique du chemin de fer. Le corridor ferroviaire est perçu comme un outil de souveraineté et de développement industriel. La performance de ces nouvelles locomotives sera donc scrutée de près, d’autant que des discussions sur des investissements plus structurels, comme le renouvellement des voies, restent sur la table pour garantir la pérennité de cet axe vital pour l’économie de la sous-région.



