Le Mozambique a intégralement remboursé sa dette de 701 millions de dollars au Fonds monétaire international. Cette opération, confirmée par Standard Bank et les données officielles du FMI, annule la mission de l’institution prévue en août prochain. Pourtant, ni Maputo ni le FMI n’ont officiellement communiqué sur ce désendettement soudain.
Selon une note de recherche du 27 mars signée Fáusio Mussá, économiste en chef de Standard Bank au Mozambique, le pays a soldé sa dette en s’appuyant sur des informations internes au FMI. Le portail officiel du Fonds affiche désormais un encours nul pour le Mozambique. Ce remboursement intervient alors que les réserves de change du pays, proches de 4,15 milliards de dollars fin janvier, devraient chuter à 3,5 milliards selon les estimations de la banque. Une ponction sévère, alors que Maputo continue d’accumuler des arriérés auprès d’autres créanciers bilatéraux et multilatéraux.
Cette bonne surprise financière ne doit pas masquer la gravité de la situation antérieure. En février, le FMI lui même qualifiait la dette mozambicaine de « en situation de détresse et sur une trajectoire non viable ». Un mois plus tard, la Banque mondiale avertissait que la politique économique actuelle du pays mettait en péril 50 milliards de dollars de projets gaziers. Le Mozambique paie encore le scandale des « emprunts cachés » de 2013 2016, qui avait conduit le FMI et les bailleurs de fonds à suspendre leur aide.
Désendetté vis à vis du FMI, le Mozambique gagne en crédibilité symbolique, mais ses vulnérabilités structurelles demeurent. Le service de la dette reste lourd, notamment vis à vis de la Chine, des Émirats arabes unis ou encore de la Banque africaine de développement. Le pays devra désormais convaincre les marchés et les investisseurs de sa capacité à honorer ses autres échéances sans recourir à de nouveaux plans de sauvetage. L’annulation de la mission du FMI en août, bien que positive, prive aussi Maputo d’un éventuel rééchelonnement ou d’une nouvelle facilité de crédit.
Le Mozambique n’est pas seul sur cette voie. En mai 2025, le Nigeria a remboursé 3,4 milliards de dollars empruntés en 2020 via l’instrument de financement rapide pour faire face à la pandémie de Covid 19. Le représentant du FMI à Lagos, Christian Ebeke, avait alors souligné les contraintes comptables liées à ce remboursement anticipé. La même année, la Namibie a réduit sa dette au FMI de 71,6 à 19 millions de dollars, devenant ainsi le deuxième plus faible encours d’Afrique.
Selon le portail de données du FMI, 45 pays africains affichent encore un encours de dette vis à vis de l’institution. Les absents notables incluent le Nigeria, la Libye, l’Érythrée, le Botswana, l’Algérie, Maurice, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et l’Eswatini. Ces situations contrastées rappellent que le remboursement au FMI, bien qu’indispensable, ne constitue pas un indicateur de santé économique globale. Il traduit souvent des arbitrages budgétaires douloureux, où d’autres postes de dépenses prioritaires, comme la santé ou l’éducation, sont sacrifiés. Le Mozambique devra prouver que ce remboursement n’est pas un feu de paille, mais une étape vers une véritable soutenabilité.



