Le 25 février 2025, le village de Nzoro, situé dans la sous-préfecture de Ngaoundaye au nord-ouest de la République centrafricaine, a été le théâtre d’une attaque meurtrière. Un groupe d’éleveurs armés a semé la terreur dans cette localité, tuant au moins neuf civils, dont des femmes et des enfants. Plusieurs autres habitants ont été blessés, et plus de 700 maisons ainsi que des commerces ont été incendiés, plongeant le village dans un chaos total.
L’attaque s’est produite aux environs de 4 h du matin, lorsque les habitants de Nzoro ont été réveillés par des coups de feu. Selon les témoignages recueillis sur place, les assaillants étaient nombreux et lourdement armés. Les agresseurs ont tué des civils dans une brutalité inexplicable, et les images partagées sur les réseaux sociaux montrent des maisons complètement calcinées et des corps sans vie. Parmi les victimes figure l’ancien député de Ngaoundaye-3, Léon Amoran. En plus des pertes humaines, l’attaque a laissé des centaines de personnes sans abri et paralysé les activités dans la région.
L’attaque s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées dans le nord-ouest de la Centrafrique, où des affrontements entre différentes communautés, notamment les éleveurs et les agriculteurs, sont de plus en plus fréquents. La région, marquée par des rivalités anciennes liées aux ressources naturelles et à la gestion des terres, est également en proie à l’insécurité en raison de la présence de groupes armés. Le gouvernement centrafricain peine à imposer son autorité dans ces zones reculées, souvent laissées sans véritable présence des forces de sécurité.
L’avenir de la région apparaît incertain, avec la recrudescence des attaques violentes et l’absence de réponse forte du gouvernement. Les forces armées centrafricaines stationnées à Nzoro sont sous-équipées et en nombre insuffisant pour faire face à des attaques de cette ampleur. Les autorités locales appellent à une intervention plus soutenue de l’État pour protéger les populations vulnérables, mais le manque de ressources et d’efficacité des forces de sécurité soulève des interrogations sur la capacité de l’État à restaurer l’ordre.
Les voix s’élèvent en Centrafrique, notamment celle de Bernard Dilla, député de Ngaoundaye-1, qui dénonce l’abandon apparent de la localité par les autorités nationales. Selon lui, les habitants de la région se sentent laissés à eux-mêmes face à des groupes armés. D’autres leaders locaux partagent cette inquiétude, soulignant le besoin urgent d’une protection accrue pour les civils et d’un renforcement de l’État de droit. Cependant, la réaction du gouvernement reste attendue, aucune déclaration officielle n’ayant été faite jusqu’à présent.
Cette attaque vient s’ajouter aux nombreux défis auxquels la Centrafrique est déjà confrontée, notamment en matière de sécurité et de gestion des crises humanitaires. Des milliers de déplacés internes, fuyant les violences, vivent dans des conditions précaires. L’attaque de Nzoro pourrait exacerber cette crise, avec des communautés déplacées et un besoin urgent de soutien international pour endiguer la violence.