Le pape Léon XIV a, pour la première fois depuis le début du conflit, réclamé un cessez-le-feu permanent à Gaza. Devant 15 000 fidèles réunis lors de l’audience générale du mercredi 27 août, l’évêque de Rome a demandé à la communauté internationale de redoubler de pression sur les parties impliquées afin de mettre fin à une guerre qu’il a décrite comme « source de terreur, de destructions et de morts ».
Sans citer directement l’État hébreu, le souverain pontife a rappelé la nécessité du respect du droit humanitaire, condamnant implicitement l’usage de la force aveugle, les déplacements forcés et les punitions collectives. Léon XIV a supplié que « tous les otages soient libérés », que l’aide humanitaire puisse entrer en toute sécurité et que la protection des civils soit assurée. Un message qui, bien que formulé avec prudence, cible clairement la politique militaire israélienne à Gaza.
Cet appel intervient dans un climat d’extrême violence. Depuis l’offensive israélienne déclenchée le 7 octobre, au moins 62 895 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas. La grande majorité sont des civils. En comparaison, son prédécesseur François avait employé des termes plus sévères, allant jusqu’à qualifier l’an dernier la situation de « génocide ». Léon XIV, tout en adoptant un ton moins frontal, choisit de peser sur le débat par la voie diplomatique et morale.
En lançant cet appel, le Vatican cherche à maintenir un rôle de médiateur moral dans un conflit où les initiatives politiques ont jusqu’ici échoué. La demande de cessez-le-feu permanent se distingue des précédentes injonctions à des trêves temporaires. Reste à savoir si cette position, qui rejoint les appels d’autres institutions religieuses et diplomatiques, trouvera un écho auprès des décideurs israéliens et de leurs alliés occidentaux.
Le pape a également relayé les propos des patriarches chrétiens de Jérusalem, qui s’étaient élevés la veille contre les déplacements forcés de civils palestiniens. Ces derniers ont rappelé que le peuple palestinien a « le droit de vivre sur sa propre terre », dénonçant des conditions de vie « dramatiques » pour les prisonniers et les otages. Ce front commun religieux accentue la pression symbolique exercée sur Israël.
L’intervention du pape ne changera pas, à elle seule, le rapport de force militaire. Mais elle souligne l’isolement croissant d’Israël sur le terrain moral et humanitaire. En s’exprimant avec solennité, Léon XIV place l’Église catholique dans une posture de témoin actif, rappelant aux puissances que les principes de protection des civils et de proportionnalité restent au cœur du droit international.