Le Bénin devrait enregistrer la croissance économique la plus dynamique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en 2026, avec un taux prévu de 7%, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale publiées dans son rapport « Perspectives économiques mondiales ». Ce taux, bien que légèrement inférieur aux 7,3% estimés pour 2025, place le pays en tête des huit États membres de la zone.
Cette performance anticipée s’appuie sur la poursuite d’une activité économique soutenue. Le pays a en effet connu une expansion remarquable ces dernières années, avec un pic à 7,5% de croissance en 2024, son niveau le plus élevé depuis 1990. Cette dynamique a été principalement portée par les secteurs des services et de l’industrie. Le Fonds monétaire international (FMI) attribue cette résilience à une politique macroéconomique jugée saine et à des réformes engagées pour transformer structurellement l’économie.
Le contexte sous-régional reste contrasté. La Banque mondiale table sur une croissance globale de 5,8% pour l’UEMOA en 2026, après 6,1% attendus en 2025. Derrière le Bénin, le Niger et la Côte d’Ivoire devraient également afficher des performances robustes, avec des prévisions de 6,7% et 6,4% respectivement. Cette dynamique positive globale est soutenue par un secteur commercial et des services vigoureux, ainsi que par de bonnes campagnes agricoles, comme l’a récemment souligné la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Les perspectives à moyen terme pour le Bénin semblent consolidées par plusieurs projets structurants. L’ouverture prochaine du pôle agroalimentaire du Grand Nokoué et la reprise de la production pétrolière à Sème-Podji sont identifiés comme des leviers de croissance futurs. Malgré un environnement commercial international incertain et des relations parfois instables avec certains voisins, la croissance béninoise devrait se maintenir à un niveau élevé, avec une moyenne de 7,1% prévue sur la période 2025-2027.
Cependant, cette vision optimiste pour la zone doit être nuancée par des défis persistants et des vulnérabilités divergentes. Le FMI note que les écarts de revenu par habitant entre les pays membres continuent de se creuser, en raison de différences de rythme de croissance et de niveaux d’endettement publics élevés. Le Sénégal, par exemple, fait face à une dette publique ajustée qui pourrait atteindre 132% de son PIB, une situation que l’agence Fitch Ratings considère comme un risque potentiel pour les réserves de change de toute l’UEMOA.
Par ailleurs, des chocs socio-politiques et économiques localisés ont affecté certains membres en 2025, conduisant à des révisions à la baisse des prévisions. Le coup d’État en Guinée-Bissau ou la pénurie de carburant au Mali, due à un blocus imposé par des groupes armés, en sont des illustrations. Ces événements rappellent que la solidité des prévisions macroéconomiques pour la zone reste tributaire d’une stabilité politique et sécuritaire qui n’est pas encore universellement acquise.



