L’ancien président américain Donald Trump a menacé, s’il est réélu en novembre, d’imposer une taxe punitive de 200% sur les vins et champagnes français. Cette mesure de rétorsion vise explicitement à contraindre la France et son président, Emmanuel Macron, à rejoindre un futur « Conseil de paix » pour Gaza que Trump ambitionne de créer. Dans le même temps, il a confirmé avoir invité le président russe Vladimir Poutine à y adhérer, dessinant les contours d’une diplomatie parallèle et unilatérale.
Selon des propos rapportés par un média américain, Donald Trump a lié cette menace commerciale à la participation française, estimant que la coopération de Paris était négociable sous la pression. « J’imposerai une taxe de 200% sur les vins et champagnes français, et Macron rejoindra le Conseil de paix », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs ajouté, avec dédain, que « personne n’a besoin de Macron, car il va bientôt quitter ses fonctions », minimisant ainsi l’influence du chef de l’État français sur la scène internationale au-delà de son mandat.
Cette sortie s’inscrit dans le contexte plus large de la campagne pour l’élection présidentielle américaine de novembre 2024, où Trump, candidat républicain, expose sa vision d’une politique étrangère transactionnelle. Elle réactive également sa méthode éprouvée de tensions commerciales comme levier diplomatique, rappelant les conflits tarifaires qu’il avait initiés contre l’Union européenne durant son premier mandat. Sur le dossier israélo-palestinien, il propose une structure alternative aux cadres internationaux existants, dans laquelle il intégrerait des acteurs controversés comme la Russie.
Les implications de ces déclarations, si elles se concrétisaient, seraient multiples. Sur le plan économique, une telle taxe porterait un coup sévère aux exportateurs français de vins et spiritueux vers le marché américain, l’un de leurs premiers débouchés. Sur le plan diplomatique, cette approche chercherait à court-circuiter le rôle traditionnel de l’Europe et des institutions multilatérales au Proche-Orient. Elle marquerait un profond réalignement des alliances, avec un rapprochement affiché avec Moscou et une marginalisation des partenaires traditionnels jugés réticents.
L’invitation faite à Vladimir Poutine, dans un contexte de guerre en Ukraine où la France soutient Kyiv, constitue une provocation stratégique. Elle signale une volonté de Trump de normaliser les relations avec le Kremlin, au mépris des fractures géopolitiques actuelles. Cette posture place les alliés européens, et particulièrement la France, devant un dilemme potentiel : s’aligner sur une initiative américaine isolée ou défendre une position souveraine au risque de représailles commerciales.
Pour Emmanuel Macron, cette attaque personnelle et la menace économique interviennent à un moment de fragilité politique nationale. Elles testent la capacité de résilience de l’influence française face à un possible retour de Trump au pouvoir. La réponse européenne devra probablement être collective, rappelant que la politique commerciale relève de la compétence de l’Union européenne, qui pourrait envisager des mesures de rééquilibrage dans le cadre de l’OMC.
Au-delà du cas français, ces propos illustrent la radicalisation du discours de Trump en matière de relations internationales, envisagées comme un rapport de force pur, où la coercition économique prime sur la diplomatie. Ils préfigurent un second mandat potentiellement encore plus turbulent pour les alliés historiques des États-Unis, et une reconfiguration brutale des équilibres sur les dossiers de crise, au Proche-Orient et au-delà.



