La Confédération africaine de football (CAF) a infligé de lourdes sanctions disciplinaires à la Fédération algérienne de football (FAF) et à deux de ses joueurs suite aux graves incidents survenus lors du quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 perdu face au Nigeria (1-0). La FAF écope d’une amende globale de 100 000 dollars, tandis que le défenseur Rafik Belghali et le gardien Luca Zidane sont suspendus pour plusieurs matches.
Le défenseur Rafik Belghali est suspendu pour quatre rencontres des éliminatoires de la CAN 2027, dont deux avec sursis. Le gardien Luca Zidane, lui, écope de deux matches de suspension. Ces sanctions individuelles s’ajoutent à un lourd dossier financier pour la FAF. L’amende de 100 000 dollars se décompose en plusieurs griefs : 50 000 dollars pour des gestes offensants de supporters envers les arbitres, notamment l’agitation de billets de banque, 25 000 dollars pour le comportement inapproprié de joueurs et d’officiels après le match, et 25 000 dollars supplémentaires pour des manquements liés à la sécurité (jets d’objets, utilisation de fumigènes, tentatives de franchissement des barrières).
Ces sanctions s’inscrivent dans un contexte de tension récurrente autour de l’équipe nationale algérienne, régulièrement épinglée pour le comportement de son public et de son encadrement. La défaite contre le Nigeria, un rival continental historique, a visiblement servi de détonateur à une frustration accumulée depuis l’échec cuisant de la CAN 2023 et une élimination précoce. La CAF, sous la présidence de Patrice Motsepe, a montré ces dernières années une volonté affichée de durcir son dispositif disciplinaire pour tenter de protéger l’image et la sécurité des compétitions.
Les conséquences de ces sanctions sont immédiates et impactent directement la campagne des Fennecs pour la CAN 2027. Les suspensions de Belghali et Zidane, applicables dès les prochains matches de qualification, fragilisent l’équipe sportivement. Sur le plan financier, l’amende représente un prélèvement non négligeable pour la FAF. Surtout, cette affaire place l’Algérie sous étroite surveillance. Tout nouvel incident pourrait entraîner des peines encore plus sévères, comme des matches à huis clos ou des déductions de points, tout en entachant durablement la réputation du football algérien sur la scène continentale.
Au-delà des chiffres, ces sanctions pointent du doigt un problème de fond : la gestion de la frustration et du rapport à l’arbitrage. Le geste des supporters agitant des billets, interprété comme une accusation de corruption, est particulièrement grave et perçu comme une attaque directe contre l’intégrité de l’institution. La réaction des joueurs et du staff à l’issue du match, également sanctionnée, questionne le leadership et l’exemplarité de l’encadrement technique dirigé par Vladimir Petković.
La réponse de la FAF est désormais attendue. Se contentera-t-elle de payer l’amende et d’accepter les suspensions, ou saisira-t-elle la possibilité de faire appel devant les instances appropriées de la CAF ? Sa réaction officielle sera scrutée à la loupe, car elle enverra un signal fort sur sa volonté (ou non) d’engager une réflexion profonde et d’imposer une discipline stricte pour tourner la page de ces épisodes récurrents qui assombrissent les performances des Fennecs.



